En attendant le retour de sa femme, qui l’a pourtant définitivement quitté, un homme élève seul ses deux filles adolescentes du mieux qu’il peut, malgré les reproches que lui fait l’une et le désir d’indépendance qui anime l’autre.

Marc-André Lussier Marc-André Lussier
La Presse

Révélée il y a cinq ans grâce à Party Girl, un film coréalisé avec Marie Amachoukeli et Samuel Theis (Caméra d’or au Festival de Cannes), Claire Burger signe son premier long métrage en solo en brossant le portrait sensible d’un père de famille vivant une séparation inattendue.

Inspirée par sa propre histoire familiale, la réalisatrice relate le parcours d’un homme qui, la cinquantaine bien entamée, bascule dans une nouvelle réalité le jour où l’impensable survient. Quitté par la femme qu’il aime, sans qui l’existence n’a plus vraiment de sens à ses yeux, Mario (Bouli Lanners) perd pratiquement tous ses repères, même s’il s’accroche à l’idée que, sans doute, son amoureuse, mère de ses deux filles, reviendra un jour. En attendant, la réorganisation de la vie familiale avec des adolescentes de 14 et 17 ans ne relève pas de l’évidence.

La richesse de C’est ça l’amour réside dans cette évocation franche de la détresse intérieure d’un homme sans que jamais le récit sombre dans le cliché ou l’excès. Pour ce faire, la cinéaste a su trouver en Bouli Lanners l’interprète idéal. Entouré de non-professionnels (les deux interprètes adolescentes, formidables, en sont à leur tout premier film), l’acteur belge, souvent vu dans des rôles de soutien (Réparer les vivants, Petit paysan), livre une performance bouleversante, tout en finesse et en subtilité. Sa composition est parfaitement en phase avec un film misant davantage sur l’authenticité que sur les effets dramatiques. C’est très beau.

IMAGE FOURNIE PAR MAISON 4:3

Affiche de C’est ça l’amour

C'est ça l'amour. Drame de Claire Burger. Avec Avec Bouli Lanners, Justine Lacroix, Sarah Henochsberg. 1 h 38. ★★★½

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