Dans les bandes dessinées, il n’est pas rare de voir des dizaines de superhéros défiler au sein du dernier chapitre d’une série. Ces numéros spéciaux servent à récompenser les lecteurs d’avoir suivi une histoire jusqu’au bout et permettent aux auteurs de s’éclater. C’est exactement ce que Avengers : Endgame accomplit, mais au cinéma.

Pascal LeBlanc Pascal LeBlanc
La Presse

Le (très) long métrage des frères Anthony et Joe Russo est la suite immédiate d’Avengers : Infinity War, mais aussi la conclusion des 20 autres films de l’univers cinématographique de Marvel (MCU). Depuis 2008, les personnages ne font que s’additionner. Iron Man, Hulk, Thor et Captain America ont accroché les fans, qui ont plus tard découvert les Gardiens de la galaxie, Ant-Man, Captain Marvel et tous les autres. Parfois, ils sont réunis, parfois, ils vivent leur propre aventure. Mais cette fois, ils sont tous là ! Considérant que l’enjeu n’est rien de moins que de ramener la moitié de l’univers à la vie, on ne s’attendait pas à moins.

Une des grandes forces des studios Marvel est qu’ils ont réussi à obtenir l’engagement de plusieurs grands acteurs pour presque chacun des rôles, même secondaires. Toutefois, ceux-ci ont rarement eu l’occasion de démontrer l’étendue de leur talent. Dans Endgame, Robert Downey Jr., Chris Evans, Scarlett Johansson, Mark Ruffalo, Chris Hemsworth et leurs collègues ont plus que jamais le temps d’être l’humain – ou le dieu du Tonnerre – sous le costume. Ils ont vécu bien des choses au fil des ans et ça se sent, enfin. Avec humour, sensibilité et sincérité, les deux premiers tiers du film nous présentent des héros vulnérables et éprouvés, mais déterminés à changer le passé ou à envisager l’avenir après le deuil. Des êtres chers à chacun d’eux reviennent pour les aider de leurs conseils, ce qui donne lieu à des scènes touchantes et à de bons clins d’œil aux films précédents. Sans rien dévoiler, disons qu’on ne verra probablement jamais plus une distribution aussi impressionnante.

Tout l’arsenal

Puisqu’il s’agit d’un film de superhéros, la seule présence d’une cinquantaine de comédiens de renom n’est pas suffisante. Ça prend des combats, des explosions, des vaisseaux spatiaux… et pourquoi pas des voyages dans le temps ? Avec tous les disparus qui devaient être ressuscités, c’était presque inévitable, mais le tout est extrêmement bien ficelé. Les scénaristes ont évité les raccourcis habituels sans complexifier inutilement l’opération. Ils ont profité de l’occasion pour rendre hommage aux nombreux films de voyage dans le temps qui ont marqué les esprits.

Parlant d’hommage, les retours dans le temps permettent aussi de revenir sur certains moments forts de l’histoire du MCU. Cela pourrait paraître prétentieux d’être à ce point autoréférentiel, mais c’est une façon habile de donner un peu de contexte aux spectateurs qui n’ont pas vu tous les films. Cela permet aussi de revisiter différents lieux et planètes, puis de réaliser à quel point les mondes créés par les studios Marvel sont magnifiques.

À ce sujet, Endgame en met plein la gueule visuellement, mais réserve presque toute l’action pour la dernière heure. Le combat final est épique à souhait autant par son ampleur que par son intensité. Pour une rare fois, on craint vraiment pour la vie des héros. Personne ne sera surpris d’apprendre qu’il y a des victimes. Les réseaux sociaux et les contrats venant à échéance nous avaient prévenus. L’effet n’est pas pour autant diminué. Les sacrifices sont énormes et les adieux déchirants.

Le film a évidemment ses défauts : il y a des longueurs, la trame sonore d’Adam Silvestri énerve par moments et certaines scènes sont maladroites, en particulier celle toute féminine, qui semble forcée malgré ses bonnes intentions. Cela dit, on pouvait difficilement espérer mieux pour conclure une histoire entamée il y a plus de 10 ans. Et l’avenir semble entre bonnes mains, autant à l’écran que dans les studios.

Avengers : Endgame 

Anthony et Joe Russo 

Avec Robert Downey Jr.,  Chris Evans,  Scarlett Johansson 

3 h 01  

★★★★