Un an après la mort d'un homme ayant eu des problèmes de toxicomanie, sa conjointe Catherine (Mélissa Désormeaux-Poulin) et ses filles Marine (Maèva Tremblay) et Océane (Éléonore Loiselle) vivent chacune leur deuil de façon différente. Néanmoins, la lumière s'invitera peu à peu dans leur existence misérable.

Mis à jour le 8 mars 2019
ANDRÉ DUCHESNE LA PRESSE

Toujours tétanisée et aux prises avec de sévères problèmes financiers un an après la mort de son conjoint, Catherine est une mère à l'humeur étale pour ses deux filles. L'esprit figé, elle est incapable de prêcher par l'exemple dans le but, légitime, de mettre un brin de chaleur dans la maison. Elle est encore moins en mesure de les aider à affronter l'adversité qui tire de partout.

« C'est un gros contrat, être heureuse. Je ne suis pas sûre que j'ai les qualifications pour ça, non plus », dit ce personnage à un moment clé du film.

On aura compris que Catherine n'est pas un exemple de personnalité « hop la vie ». Certains (dont nous) auront néanmoins peine à croire en ce personnage.

Comment peut-on avoir un tel parcours de vie et être à ce point irresponsable ? Comment peut-on n'avoir personne à ses côtés dans le scénario (parents ? frère ? soeur ? ami ?) pour être secoué un peu ? Ce n'est pas l'amant de passage qui va aider puisqu'il disparaît aussi vite qu'il est apparu.

On cherchera ailleurs les forces de ce film. Notamment chez les deux principaux personnages que défendent avec aplomb Maèva Tremblay et Éléonore Loiselle. Pour une première expérience au grand écran, elles s'en tirent bien et font bien passer leurs différents états d'âme de l'écran au spectateur.

En matière de mise en scène, le film met d'abord du temps à s'installer pour ensuite développer quelques belles idées, comme cette lampe frontale que porte Marine pratiquement en permanence dans la maison.

La symbolique est aussi exploitée avec force dans une des dernières scènes où Marine érige un autel à son père disparu. On aurait souhaité que ce genre d'audace revienne plus souvent dans l'histoire, qui éprouve des difficultés à prendre le large.

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DRAME

Dérive, de David Uloth et Chloé Cinq-Mars. Avec Maèva Tremblay, Éléonore Loiselle et Mélissa Désormeaux-Poulin. 1 h 44