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Impetus: régénération 101 ****

Dans Impetus, Emmanuel Schwartz incarne un ingénieur montréalais... (Photo fournie par La Distributrice de films)

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Dans Impetus, Emmanuel Schwartz incarne un ingénieur montréalais parti à New York garder un loft et un lézard.

Photo fournie par La Distributrice de films

Découlant d'un chagrin d'amour durement vécu par Jennifer Alleyn, Impetus est une oeuvre à la fois humaniste, poétique et expérimentale sur la quête du bonheur.

Le sujet est assez banal à première vue. Désespéré, un ingénieur montréalais (Emmanuel Schwartz) s'en va garder un loft et un lézard à New York! Scénario plutôt ordinaire, mais le thème de base a ici moins d'importance que la construction composite que Jennifer Alleyn a élaborée à partir de cette semence de récit. 

Dans Impetus, plusieurs histoires de résilience s'entrecroisent et s'enchevêtrent, si bien qu'on est tenu en haleine du début à la fin, tout en devenant de plus en plus attaché aux personnages.

La réalisatrice, avec son savant mélange de fiction et de documentaire, nous pousse à réfléchir sur ces mouvements et ces coups de fouet que l'on doit donner à notre existence (le plus souvent possible!) pour la rendre plus agréable, plus passionnante, moins monotone. 

Si le film force le respect, c'est en grande partie grâce aux performances magistrales de Pascale Bussières et d'Emmanuel Schwartz qui permettent véritablement à la sauce de prendre. 

On se souviendra longtemps de la scène de Pascale Bussières dans un taxi new-yorkais. Un moment de grâce du film. La signature d'une grande actrice dont on ne dira jamais assez combien elle est magnifique.

Impetus... (Image fournie par La Distributrice de films) - image 2.0

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Impetus

Image fournie par La Distributrice de films

Quant à Emmanuel Schwartz, il était l'acteur idéal pour incarner ce gars paumé qui ne comprend pas trop ce qui lui a pris d'aller dans la Grosse Pomme s'occuper d'un animal aussi peu jovial qu'un reptile. Idéal à cause de son jeu tout en réserve et en tout en sensibilité. 

Impetus est aussi un petit bijou grâce aux autres artisans du film. Le montage est impeccable, et lui donne un rythme aussi doux que tonique. La musique est envoûtante et berce la narration sans la noyer. La photographie est un pur bonheur des yeux. Et puis, il y a ce talent de Jennifer Alleyn de mêler, avec délicatesse, gravité et humour, émotion et légèreté.

Évoquant la cinécriture d'Agnès Varda, Impetus est un film sur le cinéma libre. Sur l'envers du décor, sur les défis de la réalisation cinématographique, sur les questionnements des acteurs, sur la liberté de ce cinéma de l'éphémère qui embrasse l'art et touche au coeur par son naturel, même si le résultat que constate le spectateur cache bien des doutes, des déceptions et des hésitations.

Impetus est une oeuvre qui parle autant du combat que de la passion d'une cinéaste qui s'est servie de sa caméra pour panser son âme blessée.

Une ode au courage, donc, à la force de conviction qu'il faut aller puiser pour éviter de tourner en rond... comme un lézard dans son aquarium, cet animal doté d'une si étonnante faculté de se régénérer. Voilà! Le mot est là. Un film brillant sur la régénération.

* * * *

Impetus. Docufiction de Jennifer Alleyn. Avec Emmanuel Schwartz, Jennifer Alleyn, Pascale Bussières, John Reissner, Esfir Dyachkov. 1h34.

> Consultez l'horaire du film




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