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Au revoir ma Lou: une preuve d'amour ultime

À l'occasion de la Journée mondiale du cancer, le cinéma Excentris présente ce... (Photo: Isabelle Darveau et Christine Doyon)

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Photo: Isabelle Darveau et Christine Doyon

À l'occasion de la Journée mondiale du cancer, le cinéma Excentris présente ce soir le documentaire Au revoir ma Lou de Christine Doyon et Isabelle Darveau.

Ce portrait intimiste nous emmène à la rencontre de Louise et Marc, un couple appelé à traverser la très dure épreuve d'un cancer du cerveau dont Louise souffre. Secoués, meurtris, Louise et Marc n'en demeurent pas moins debout. Ils font face à la mort avec un mélange de courage et de fermeté qui forcent l'admiration.

Quant au travail des deux réalisatrices, il faut le saluer, car elles ont réussi à traiter l'histoire du couple sans complaisance ni voyeurisme.

Nous avons discuté du film avec Isabelle Darveau. À noter qu'elle et sa collègue seront présentes à la projection de ce soir qui commence à 19h30.

Q: Qu'est-ce qui a motivé ce projet hors du commun?

R: Au départ, c'est l'histoire d'amour entre Marc et Louise qui nous a intéressées. Prendre soin d'une personne aimée en perte d'autonomie est une preuve d'amour ultime. Au-delà des difficultés d'ordre pratique ou émotionnelles, plusieurs questionnements face à la mort et la façon dont elle doit être appréhendée et vécue ont fait surface. Nous étions fascinées par ces deux individus très différents, autant à un niveau spirituel que personnel, qui conservaient à travers les grands obstacles imposés par la maladie une relation empreinte de respect et de joie de vivre.

Q: Dans quel était d'esprit étaient les sujets et les membres de l'équipe durant le tournage?

R: Un lien de confiance et d'amitié nous unissait à Marc et Louise. Une certaine mesure de naïveté s'est installée dans nos rapports, ainsi qu'une incroyable rencontre entre nos deux générations. En tant que cinéastes et individus, nous découvrions des réalités qui nous étaient inconnues. Marc et Louise, qui n'ont pas eu d'enfants, appréciaient notre intérêt et notre candeur. C'était aussi pour eux une belle occasion de partager leurs souvenirs, de laisser une trace, en quelque sorte. Le tournage s'est déroulé sur plus d'un an. À la fin, la part de défis était plus grande. Marc était épuisé. À l'approche de la mort, il y avait un mélange de souffrance et de délivrance. Nous avons eu la chance de vivre tous ces moments à leurs côtés.

Q: Comment avez-vous réussi à faire ce film sans tomber dans le voyeurisme?

R: Le tournage s'est déroulé dans un respect total. Nous voulions laisser la chance à chacun de s'exprimer jusqu'à la fin. Nous voulions montrer qu'à travers l'accompagnement vers la mort, la vie continue. Nous voulions témoigner d'une histoire d'amour et ce désir a guidé nos choix de réalisation. Nous nous sommes concentrées sur leur relation et non sur le côté plus médical de leur bataille contre le cancer. Pour préserver leur intimité, nous avons évité de montrer certaines choses, sans toutefois écarter certaines réalités plus difficiles qui nous paraissaient primordiales. Le cheminement vers la mort est fait de hauts et de bas et nous tenions à montrer les obstacles et les peines autant que les moments de joie et d'amour.

Q: Votre film s'inscrit-il dans le débat actuel du projet de loi pour mourir dans la dignité?

R: Tout à fait. Le film est un exemple positif d'accompagnement. C'était important autant pour Marc que pour Louise d'avoir la chance de vivre les derniers moments à la maison. Garder une personne malade à domicile comporte son lot de défis autant au niveau émotif que physique et financier. Une personne en fin de vie, c'est comme une personne qui débute sa vie, on doit s'en occuper constamment. Marc avait les moyens financiers de s'entourer d'aidantes privées, mais la majorité des gens n'ont pas cette chance. La société doit faire le choix d'aider les gens qui veulent garder leur proche à la maison lors de situations pareilles. Le film aborde ce sujet non pas sur un ton moralisateur, mais plutôt en montrant qu'il est possible et qu'il peut même être positif et libérateur d'accompagner à la maison, plutôt qu'en centre hospitalier, une personne aimée en fin de vie.




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