(New York) Une mannequin et actrice mexicaine a nié les allégations d’une accusatrice de Harvey Weinstein selon lesquelles elle était restée sans rien faire pendant que le magnat du cinéma se trouvait dans la salle de bain d’un hôtel de Beverly Hills avec la présumée victime, en 2013.

Tom Hays et Michael R. Sisak
Associated Press

« Jamais arrivé ! », a laissé tomber Claudia Salinas, lundi, lors du procès pour viol à New York.

Lors de son témoignage, la semaine dernière, la mannequin Lauren Marie Young a soutenu que Claudia Salinas avait fermé la porte de la salle de bain derrière elle et Weinstein. L’accusé se serait alors déshabillé et aurait empoigné ses seins en se masturbant. Mme Young a soutenu que Claudia Salinas était encore là dans la chambre lorsqu’elle a finalement réussi à sortir de la salle de bain.

« Si j’avais fait ça, je m’en souviendrais », a répondu Mme Salinas lundi. « Je ne fermerais jamais la porte à quelqu’un. »

Mme Salinas, âgée de 38 ans et aujourd’hui influenceuse, a pris la barre alors que la défense appelle des témoins pour la troisième journée, après plus de deux semaines de témoignages de la poursuite. Elle a raconté lundi qu’elle avait rencontré Weinstein en 2012 alors qu’elle était une aspirante actrice, et qu’elle n’avait jamais eu de relation amoureuse avec lui. Elle a admis qu’il avait une « personnalité très forte » et que « parfois, il n’était pas gentil avec » elle.

Parmi les témoins de la poursuite, six femmes sont venues dire aux jurés que le magnat de Hollywood les avait agressées sexuellement.

PHOTO MARK LENNIHAN, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Lauren Marie Young

Harvey Weinstein est accusé d’avoir violé une femme dans une chambre d’hôtel de Manhattan en 2013 et d’avoir agressé sexuellement une autre femme en 2006. Mais d’autres femmes, comme Lauren Marie Young, ont été appelées à la barre comme témoins par la poursuite, qui cherche à démontrer que l’accusé correspond au portrait type du prédateur sexuel. Weinstein, âgé de 67 ans, soutient que toutes les relations sexuelles étaient consenties.

Les allégations de Mme Young ont par ailleurs été incluses dans les accusations criminelles déposées contre Weinstein en Californie le 6 janvier, au moment même où s’ouvrait le procès à New York.

Colocataire d’une plaignante

Claudia Salinas a contesté aussi lundi d’autres parties du récit de Mme Young, affirmant que bien qu’ils se soient tous rencontrés au bar de l’hôtel le soir de l’agression présumée, ce n’était pas parce que Weinstein voulait la voir. Elle a également soutenu qu’elle ne se souvenait pas avoir suivi lorsque Weinstein voulait poursuivre la conversation dans sa chambre, pendant qu’il se préparait pour une remise de prix, comme Mme Young l’a allégué.

En contre-interrogatoire, elle a affirmé : « Ce qui est vrai, c’est que je n’étais pas là (dans le récit de la salle de bain). C’est peut-être arrivé, mais ça ne veut pas dire que j’étais là. »

Les jurés ont également entendu lundi l’ancienne colocataire de la femme que Weinstein est accusé d’avoir violée. Talita Maia a déclaré que cette femme avait le producteur en haute estime — elle l’a un jour appelé « son âme sœur spirituelle ».

Mme Maia, une actrice brésilienne qui vivait avec la plaignante dans la région de Los Angeles, était avec elle lors du voyage à New York et a déclaré que rien ne semblait clocher quand ils ont rencontré Weinstein pour le petit-déjeuner après le viol présumé.

PHOTO BRYAN R SMITH, REUTERS

Talita Maia

La plaignante a déclaré la semaine dernière qu’elle n’avait dit à personne ce qui s’était passé, mais qu’elle était « assez fermée » au petit-déjeuner.

Mme Maia a déclaré aux jurés qu’elle témoignait en réponse à une assignation de la défense : « Je ne veux pas du tout être ici. »

L’Associated Press a pour politique de ne pas publier les noms des présumées victimes d’agression sexuelle sans leur consentement explicite — ce que n’a pas fait la plaignante pour viol.

Mme Maia a indiqué lundi qu’elle ne savait pas au départ qui était Weinstein ; mais une fois qu’elle l’a découvert, elle l’a taquiné en disant « c’est pour ça que tout le monde est si gentil avec vous ». Sa colocataire avait alors mis son bras autour de Weinstein et avait dit : « Non. C’est parce qu’il est si mignon. »