Sensible à la frustration exprimée face à l’absence récurrente des femmes dans la catégorie de la meilleure réalisation aux Oscars, Roger Frappier propose de doubler le nombre de finalistes dans cette section.

André Duchesne André Duchesne
La Presse

« C’est une recommandation que je m’apprête à faire à l’Académie. Je vais leur écrire dès cette semaine pour [un changement] l’an prochain, dit le producteur dont la démarche est une initiative personnelle. Est-ce que les cinq réalisateurs nommés cette année le méritent ? Oui. Est-ce que des femmes réalisatrices méritent d’être là ? Oui. »

Il y a quelques années, l’Académie a élargi, jusqu’à une possibilité de 10 titres, le nombre de finalistes admissibles dans la catégorie du meilleur film, la plus prestigieuse de toutes. Auparavant, le nombre de finalistes y était limité à 5. M. Frappier aimerait que le même principe s’applique pour l’attribution de l’Oscar de la meilleure réalisation.

« S’il y a jusqu’à 10 œuvres dans la catégorie du meilleur film, ça signifie qu’il y a jusqu’à 10 bons réalisateurs », retient-il.

En élargissant le nombre de finalistes pour la meilleure réalisation, il va y avoir plus de places et je pense que des réalisatrices seront nommées tous les ans, indépendamment du fait que leur film est retenu ou non dans la catégorie du meilleur film.

Roger Frappier

« Ainsi, poursuit-il, le travail des réalisateurs et réalisatrices va être regardé d’un œil différent. »

Chez Max Films, sa boîte de production, Roger Frappier a notamment produit trois longs métrages de Manon Briand (2 secondes, La turbulence des fluides et Liverpool) ainsi que le long métrage Borderline de Lyne Charlebois. Il coproduit actuellement The Power of Dog, le prochain film de Jane Campion dont le tournage s’est amorcé en début de semaine en Nouvelle-Zélande, où il se rendra dans quelques jours. Avec The Piano, Jane Campion est la seule femme, à ce jour, à avoir remporté la Palme d’Or à Cannes.