(Marrakech) Hommage et ovation debout pour une légende vivante du cinéma : l’acteur, réalisateur et producteur américain Robert Redford a reçu, vendredi soir à Marrakech, un prix d’honneur pour l’ensemble de sa carrière.

Agence France-Presse

« J’ai été à Marrakech pour la dernière fois en 2001 pour le tournage de Spy Game, et ça fait du bien d’être de retour », a lancé l’acteur de 83 ans, invité vedette de la 18e édition du Festival du film de Marrakech (du 29 novembre au 7 décembre), un an après le duo légendaire Martin Scorsese et Robert De Niro.

« Je viens d’une famille de conteurs, et, enfant, j’étais émerveillé d’entendre “il était une fois” », car « les histoires nous captivent, nous provoquent, nous inspirent, et peuvent enfin nous connecter les uns aux autres », a-t-il confié sous les applaudissements appuyés du public.

« Aujourd’hui nous vivons dans un monde complexe, où les ténèbres semblent prévaloir […] c’est pourquoi j’ai créé l’Institut de Sundance pour soutenir les voix indépendantes qui ne trouvent pas leur place dans la culture dominante », a-t-il poursuivi, le regard bleu et le sourire éclatant.

Un prix lui a ensuite été remis par la réalisatrice française Rebecca Zlotowski et l’actrice franco-italienne Chiara Mastroianni.

Robert Redford n’est pas seulement une légende du grand écran. C’est aussi un militant, de la cause du cinéma indépendant à celle de l’environnement.

Ses dons d’acteur et son allure longtemps juvénile lui ont permis de s’illustrer dans plus de 70 rôles, de Butch Cassidy et le kid (1969) à Nos plus belles années, en passant par L’arnaque (1973), All is Lost (2013)...

En 2002, Hollywood lui décerne un « Oscar d’honneur » pour l’ensemble de sa carrière et son soutien « aux réalisateurs innovants et indépendants ».

Il a créé, en 1980, l’Institut de Sundance chargé de former de jeunes réalisateurs et, un an plus tard, le Festival de Sundance, dans les montagnes de l’Utah où il s’est installé dans les années 60.

Des cinéastes comme Steven Soderbergh et Quentin Tarantino ont fait leurs débuts dans ce festival, devenu le plus important du film aux États-Unis.

Soucieux de pouvoir exposer les sujets qui lui tiennent à cœur, il y accorde une place de choix aux documentaires.

Son amour du cinéma l’incite à passer derrière la caméra, avec Des gens comme les autres qui, en 1981, remporte l’Oscar du meilleur film et de la meilleure réalisation, avant de réaliser Au milieu coule une rivière (1992), Quiz Show (1994), L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux (1998), Lions et agneaux (2007) ou encore Sous surveillance (2012).