Après avoir réalisé trois films à caractère historique (Bridge of Spies, Lincoln et War Horse), le réalisateur Steven Spielberg avait envie de revenir à l'un de ses thèmes de prédilection: l'enfance. Il a donc refait équipe avec la regrettée scénariste Melissa Mathison (morte en novembre dernier), avec qui il avait travaillé sur E.T. the Extra-Terrestrial 34 ans plus tôt. De fait, The BFG, présenté hors compétition au Festival de Cannes en mai dernier, n'est pas sans présenter certaines similarités avec E.T.

Publié le 1er juill. 2016
Catherine Schlager LA PRESSE

Adapté du roman éponyme de Roald Dahl, créateur de Charlie and the Chocolate Factory et Fantastic Mr. Fox, The BFG a mis de nombreuses années à voir le jour. Depuis l'achat des droits par la productrice Kathleen Kennedy en 1993, plusieurs noms ont en effet été rattachés au projet: John Madden à la réalisation ainsi que Robin Williams dans le rôle du géant.

C'est finalement Mark Rylance qui incarne avec aplomb BFG (Big Friendly Giant), gentil colosse vivant au Pays des géants. Lors d'une nuit de pleine lune, il se balade dans les rues, tout près de l'orphelinat où la jeune Sophie (Ruby Barnhill, attachante) rêvasse dans son lit. Démasqué, BFG emmène Sophie dans sa grotte et veille sur elle, tel un père substitut.

Au-delà de leurs différences, une solide amitié se noue rapidement entre ces deux âmes solitaires. Le géant fait même découvrir à la fillette le Pays des rêves. C'est là qu'il s'emploie à recueillir les rêves afin de les redistribuer aux enfants. Mais de vilains géants tentent de le détourner de sa mission. Avec l'aide de Sophie et de la reine d'Angleterre (Penelope Wilton, divertissante), il tentera de les mettre hors d'état de nuire.

Collaborant avec les studios Disney, le réalisateur de Saving Private Ryan a bénéficié d'un budget colossal pour les effets spéciaux. Et ces derniers se révèlent particulièrement réussis, surtout lors d'une splendide scène au Pays des rêves. Les cadrages savamment étudiés de Spielberg permettent également de rendre crédible la différence de taille entre la jeune fille et le géant. Même la direction artistique et la photographie sont sublimes.

Au-delà des prouesses artistiques et techniques, le scénario ne tient pas la route. Les enjeux dramatiques sont beaucoup trop faibles et inintéressants pour tenir en haleine le spectateur, surtout si celui-ci est en bas âge. D'autant que le récit traîne en longueur. L'intérêt revient cependant à la toute fin lors d'une amusante visite du géant à Buckingham Palace où quelques rires sont au programme malgré une grotesque séance de flatulences et une finale cousue de fil blanc.

* * 1/2

The BFG (V.F. : Le bon gros géant). Conte de Steven Spielberg. Avec Ruby Barnhill, Mark Rylance, Penelope Wilton. 1 h 57.

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Image fournie par Disney