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Maldoror-Paysage : entre deux slams

Avec Maldoror-Paysage, Olivier Kemeid s'est payé un joli... (Photo: Stéphanie Capistran-Lalonde, collaboration spéciale)

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Avec Maldoror-Paysage, Olivier Kemeid s'est payé un joli trip, en emberlificotant Les chants de Maldoror de Lautréamont dans toutes sortes de parures toutes plus saugrenues les unes que les autres.

Photo: Stéphanie Capistran-Lalonde, collaboration spéciale

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Saison théâtrale 2008-2009

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Saison théâtrale 2008-2009

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Il est difficile de résister au charme d'un bon vivant barbu qui ouvre un spectacle de poésie en se préparant un petit gueuleton sur une cuisinière de camping. Ou de rester de glace devant les singeries de téméraires acteurs qui s'envoient des phrases de Lautréamont en pleine gueule, comme s'il s'agissait d'une bataille d'oreillers.

Avec Maldoror-Paysage, Olivier Kemeid s'est payé un joli trip, en emberlificotant Les chants de Maldoror de Lautréamont dans toutes sortes de parures toutes plus saugrenues les unes que les autres.

Remarquez, on pourrait difficilement lui reprocher de profiter de son privilège de directeur artistique d'Espace libre pour transposer sur sa scène de vieux fantasmes. Parce qu'il faut savoir que Kemeid est tombé sous le joug de Lautréamont le délinquant pendant ses années de cégep.

Il a de la ténacité et de la suite dans les idées, Kemeid, lui qui a pris le risque de réaliser un projet théâtral probablement ébauché un soir de débauche littéraire au Petit Campus ou quelque autre lieu de perdition pour cégépiens pleins d'illusions. La loyauté à ses rêves d'étudiant est un attribut si rare de nos jours...

Cet envoûtement de jeunesse pour la langue du Franco-Uruguayen Isidore Ducasse, précurseur des surréalistes, teinte ce spectacle coloré et un peu trop long.

Mais commençons par le bon. Olivier Kemeid réalise ici une mise en scène originale, accrocheuse et bien ciselée d'un texte qu'il rend théâtral. En s'appropriant des éléments biographiques de Lautréamont, il donne vie à sa poésie magnifique avec des personnages fous à lier. La quête de l'ado Lautréamont est magnifiée par ces cracheurs de poésie qui déambulent sur scène avec leurs déguisements farfelus, leurs grotesques métamorphoses et leurs gros sabots pour s'écraser les uns les autres.

Mais tous les flashes ne sont pas aussi efficaces, et puis le spectacle s'essouffle et s'étire aussi un peu, par moments. Entre deux slams rendus avec aplomb par l'étonnante Elkahna Talbi et de beaux numéros d'acteur signé Vincent-Guillaume Otis, il y a bien quelques simagrées qui tombent un peu à plat. De sorte que la langue majestueuse de Lautréamont se trouve parfois écrasée par les excès, les cabrioles. Mais c'est le prix à payer pour certains moments sublimes où la folie théâtrale communie avec la démesure de l'auteur des Chants de Maldoror.

Sorte de show de cégépiens attardés, ce Maldoror-Paysage laisse dans notre esprit un paysage poétique débridé et délinquant. On sort d'Espace Libre avec le goût de se taper une nuit blanche avec des bouquins, des copains et une caisse de bière.

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Maldoror-Paysage, mise en scène et montage du texte de Lautréamont par Olivier Kemeid, jusqu'au 25 avril à Espace Libre.

 




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