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L'École de l'humour gagne au loto Netflix

Louise Richer tient à préciser que l'École de... (PHOTO ROBERT SKINNER, archives LA PRESSE)

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Louise Richer tient à préciser que l'École de l'humour «ne devient pas le pipeline de Netflix» avec ce nouvel appui financier.

PHOTO ROBERT SKINNER, archives LA PRESSE

Portée à bout de bras depuis 30 ans par Louise Richer, l'École nationale de l'humour a un nouvel allié: Netflix. Le géant américain a en effet décidé de financer un programme de perfectionnement en scénarisation de comédie mis sur pied par l'École.

La nouvelle doit être annoncée aujourd'hui.

«On ne devient pas le pipeline de Netflix», assure Louise Richer, directrice générale et fondatrice de l'École de l'humour, en entrevue avec La Presse. «On a une parfaite autonomie. Netflix n'a aucun droit de regard sur nos projets ni de droit de premier refus.

- Quel est le montant de l'entente?

- On ne peut pas le dire, c'est confidentiel, répond Mme Richer.

- Auriez-vous pu offrir cette formation sans l'argent de Netflix?

- Non», tranche-t-elle sans hésiter.

D'une durée de trois ans, le nouveau programme de formation se décline en trois volets: conférences et classes de maître, perfectionnement en scénarisation de comédie télé et cinéma, et développement de projets de mentorat.

Il a été soumis aux patrons de la plateforme de vidéos en janvier dernier, quelques mois après la promesse faite par Netflix d'investir 25 millions sur cinq ans dans une «stratégie de développement du marché pour le contenu et la production francophones», en vertu d'une entente avec le gouvernement fédéral.

«Chez Netflix, nous sommes constamment à la recherche des meilleures histoires», dit Dominique Bazay, directrice de la production jeunesse chez Netflix. «C'est pourquoi nous sommes enchantés à l'idée de nous associer à l'École nationale de l'humour. Je crois profondément en ce programme de perfectionnement en scénarisation qui vise à développer l'expertise de la prochaine génération de créateurs et créatrices au Québec.»

Un premier partenariat entre Netflix et une organisation québécoise a été annoncé en avril: le financement d'une nouvelle formation à l'Institut national de l'image et du son (INIS), destinée aux communautés autochtones et à la diversité culturelle.

L'Académie canadienne du cinéma et de la télévision a, par ailleurs, annoncé mardi le retour de son programme d'apprentissage pour les réalisatrices, qui inclura cette année des participantes francophones grâce à une entente avec Netflix.

«Cet argent nous permet d'amorcer notre quatrième décennie avec confiance et d'élargir notre mission. Pour moi, c'est une belle façon de reconnaître l'impact qu'on a eu au fil des ans.»

La création en premier

Les deux premiers volets du nouveau programme seront offerts par l'École dès l'automne.

Le premier porte sur la documentation du métier de création: comment écrit-on une série, comment crée-t-on une comédie? Une pratique répandue aux États-Unis, qui diffusent des émissions comme Talking Funny, Comedians in Car Getting Coffee ou Inside Comedy, mais que l'on voit peu au Québec.

«Dieu sait qu'on est une Mecque de l'humour ici, notamment à Montréal. Mais, cibole, quand est-ce qu'on entend Ken Scott ou Émile Gaudreault parler de leur métier?», lance Louise Richer.

Ce volet prendra différentes formes : classes de maîtres, entrevues, conférences publiques, etc.

La formation

Le deuxième volet consiste à former des scénaristes en comédie. Un cours de perfectionnement de 90 heures, incluant un stage dans une maison de production, sera donné à 12 personnes par année, pendant les trois prochaines années.

«On forme déjà des auteurs dans le cadre de notre programme en écriture humoristique, souligne Mme Richer. Mais le cours en scénarisation, c'est un cours sur 13 heures. C'est une chose, par exemple, d'écrire pour des humoristes ou un gala, mais c'est autre chose d'écrire des séries pour la télé. Ce n'est pas le même genre de souffle. Pas le même rythme. Il faut avoir une compréhension de la structure dramatique. Ce n'est pas un autre métier, mais c'est un autre aspect qui requiert des compétences.

- La demande pour ce cours est-elle forte?

«Elle est énorme, répond la directrice de l'École. De nombreux producteurs et télédiffuseurs m'appellent pour réclamer des scénaristes. Ça fait un bout de temps qu'on travaille là-dessus. Mais les fonds Netflix nous permettent de nous engager plus activement dans la formation en scénarisation et de faire de l'accompagnement.»

Mentorat

Le troisième et dernier volet consiste à offrir du mentorat pour quatre projets: deux en télé et deux en cinéma. Il sera offert à compter de janvier 2019. Une fois réalisés, ces projets pourraient être diffusés sur la plateforme Netflix, forte de 125 millions d'abonnés dans le monde. Mais pas forcément.

Fait à savoir, le nouveau programme de l'École s'adresse à tout le monde.

«On en a fait du chemin, depuis nos débuts, tant décriés, il y a 30 ans», laisse tomber Louise Richer.




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