Grande rentrée pour Les Grandes Crues

Formé de Marie-Lyne Joncas et d'Ève Côté, le duo... (Photo André Pichette, La Presse)

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Formé de Marie-Lyne Joncas et d'Ève Côté, le duo Les Grandes Crues connaîtra sa rentrée montréalaise le 16 mai, après être devenu très populaire grâce à ses capsules web.

Photo André Pichette, La Presse

L'heure de la rentrée montréalaise est venue pour Les Grandes Crues, qui réunit sur scène Marie-Lyne Joncas et Ève Côté, un duo qui remporte un succès fou avec son spectacle Su'l gros vin. Regard sur un phénomène humoristique bien de notre temps.

Mises au monde en Gaspésie

C'est à l'École nationale de l'humour, en 2012, que Marie-Lyne Joncas et Ève Côté se sont rencontrées. Elles faisaient partie de la même cohorte, très soudée, dont tous les membres se réunissaient après le stressant numéro d'humour imposé du vendredi pour décompresser autour d'un verre. C'est là qu'elles ont constaté leur «complicité naturelle autour d'un verre de vin», relate Ève. Chacune a fait son petit bonhomme de chemin après l'École, jusqu'au jour où Ève a été invitée à faire un spectacle d'une heure en Gaspésie. Comme elle n'avait pas assez de matériel pour le faire seule, elle a invité Marie-Lyne à y participer. «On s'est dit: "Pourquoi ne pas faire une intro en duo?" Finalement, on a écrit 40 minutes de duo!», se souvient Ève.

Arrivées à maturité

Ce soir-là, elles ont été repérées par une personne du ROSEQ (Réseau des organisateurs de spectacles de l'Est du Québec). S'est ensuivie une première tournée à l'été 2016 et une deuxième l'été dernier. «Le spectacle, c'est une complicité entre deux chums de femmes autour d'un verre de vin, qui parlent de tout et de rien. Plus la bouteille se vide, plus les langues se délient», explique Ève. Le duo profite de cette expérience dans les petites salles de région pour peaufiner son spectacle, aujourd'hui arrivé à maturité, comme un bon vin. «Le public est la troisième personne autour de la table avec nous ; on s'adresse directement à lui et parfois on peut partir dans des délires. De là sortent parfois des bijoux qu'on intègre ensuite au show», ajoute Marie-Lyne.

Donner accès aux «soupers de filles»

Les Grandes Crues donnent la majorité de leurs spectacles à guichets fermés. Ce succès tient sans doute à leur irrévérence, à leurs délires et à leur vulgarité assumée. «C'est pas nécessairement déplacé... Tout le monde autour d'un verre de vin va aller un peu trop loin des fois - je dis tout le monde, peut-être pas Kent Nagano, là!», lance Marie-Lyne. Les Grandes Crues mettent aussi de l'avant un point de vue résolument de notre temps : celui des jeunes trentenaires célibataires, un peu perdues et qui se posent bien des questions sur la vie, l'amour, la maternité, la quête du bonheur... «Les gars ont tellement fait d'humour autour de ce qui se dit entre chums de gars... On a vraiment fait le tour, on le sait c'est quoi!», s'exclame Marie-Lyne. «Alors qu'un 5 à 7 de chums de femmes, c'est encore nébuleux... Nous, on brise le silence!», complète Ève en riant. «Six filles autour d'un souper raclette, ça en dit de la marde!» s'exclame sa complice. 

«T'écoutes, t'appliques, tu grandis»

Si Les Grandes Crues ont connu un succès notable avec leurs premières représentations, ce sont leurs vidéos sur le web qui ont fait d'elles un véritable phénomène. «Il y a un avant et un après notre première vidéo ; on a fait 500 000 vues en deux jours! On capotait», raconte Ève. Cette courte vidéo, publiée sur le web pour la Saint-Valentin en 2017, dispensait d'hilarants conseils pour la journée de l'amour, ponctués de leur désormais célèbre phrase: «T'écoutes, t'appliques, tu grandis!» Une initiative inspirée par un autre projet web que Marie-Lyne Joncas fait avec Sacha Bourque, Le courrier du cul. Sacha apparaît d'ailleurs ponctuellement dans les vidéos des Grandes Crues, à tel point que les gens croient souvent qu'il fait partie du spectacle. Pourrait-on espérer un «trip à trois» un jour? «Est-ce que ce sera sur scène, à la télé ou dans un lit, qui sait?», lance Ève.

Su'l gros vin... mais pas tout le temps!

Malgré ce que le titre de leur spectacle peut laisser croire, les filles ne sont pas (tout le temps) «su'l gros vin» lorsqu'elles créent leurs numéros. Mais c'est cette énergie spontanée d'une discussion de filles, autour d'un (d'accord, de plusieurs) verres de vin qu'elles reproduisent dans leurs textes. «On s'est rendu compte que le secret derrière Les Grandes Crues, c'est d'écrire exactement ce qu'on dit. C'est en discutant, quand on part sur un sujet et qu'on se met à dire n'importe quoi... c'est là que les bijoux sortent», explique Marie-Lyne. «Au début, on essayait d'écrire, mais on était plus drôles autour d'un verre de vin que sur papier, réplique Ève. Mais à un moment donné, on a réussi à faire ce mix-là.» Elles «brainstorment» toujours avec leur auteur, Antoine Desjardins; une écriture à six mains qui implique du vin... mais seulement après 16 h!

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Au Club Soda le 16 mai et en tournée.




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