La page étant tournée avec Les confessions de Rousseau, spectacle qu'il a présenté 425 fois en Europe et au Canada, l'humoriste travaille sur son prochain solo dont le rodage débutera en France en février 2014 pour une première montréalaise en 2015. Un spectacle dans lequel on devrait découvrir le «vrai» Stéphane Rousseau...

Éric Clément LA PRESSE

Depuis un an, il prend des notes. Des «trucs qui [le] dérangent», des «trucs qui [le] font rire», dit-il, avec un regard plus lucide sur sa carrière. «Je pense qu'avec Les confessions de Rousseau, j'étais pas mal dans le divertissement alors que pour le prochain, j'ai envie d'épurer encore, d'aller gratter un peu plus, dit l'humoriste de 46 ans. Les confessions, c'est un peu comme quelqu'un qui est allé voir Beyoncé en spectacle, avec tous ses costumes, tout son flafla. Qu'est-ce qu'elle devient Beyoncé si tu la mets ailleurs? C'est pourquoi j'ai envie d'épurer un petit peu, tout en gardant cet esprit scénique que j'aime bien et en ayant une ambiance quand même. Je ne veux pas tomber dans le stand-up pur. Mais j'y réfléchis beaucoup. C'est quelque chose qui me titille depuis longtemps.»

Parfois, il aurait envie de faire du stand-up à l'américaine, mais il a peur de s'ennuyer après une trentaine de représentations. «C'est le fun de livrer du texte. Je sais que je suis capable de le faire puisque je joue le spectacle en corpo en enlevant tout et il tient quand même la route. Et c'est vrai que pour tenir un public en haleine, tu as beau avoir le décor que tu veux, si ton show n'est pas bon, si tu n'as pas de charisme, si tu ne parles pas aux gens, ils vont s'en foutre au bout de cinq minutes de ton décor, à moins qu'il ne soit extraordinaire, fabuleux, genre Cirque du Soleil, mais même là, il faut que les artistes performent et que tu aies quelque chose à raconter.»

Se dirige-t-il vers un style de spectacle plus profond? «Pas nécessairement, répond-il. Mais éliminer des artifices un petit peu. Les confessions de Rousseau, c'était très léché, peaufiné, beau, joli, tout ça. J'ai envie d'avoir un peu plus d'autodérision et de me moquer un peu plus du star system, du métier qu'on fait. Et j'ai envie de me salir un peu plus, d'aller plus vers qui je suis vraiment dans la vie.»