Les productions qui mettent en vedette des femmes de tête et qui n’ont pas froid aux yeux sont de plus en plus nombreuses sur nos écrans (petits et grands). À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, qui se tient le 8 mars, nos journalistes vous suggèrent des films et des séries avec des rôles inspirants.

Mis à jour le 7 mars

Borgen, une femme au pouvoir

Alors que la quatrième saison, très attendue, rejoindra les trois premières sur Netflix au printemps, c’est le bon moment pour s’initier à l’univers de Borgen, une femme au pouvoir ou pour s’y replonger. La série créée en 2010 au Danemark, qui avait été diffusée ici à partir de 2012, est une incursion fascinante dans les coulisses de la politique et dans le quotidien d’une femme qui occupe les plus hautes fonctions. Par son intelligence et sa pertinence qui n’a pas pris une ride, Borgen est devenu un classique du genre, et si certains trépignent à l’idée de retrouver Birgitte Nyborg près de 10 ans plus tard, il n’est surtout jamais trop tard pour la découvrir.

Sur Netflix

Josée Lapointe, La Presse

L’œil du cyclone

La vie d’Isabelle (Christine Beaulieu), séparée, mère de trois enfants et travailleuse autonome, est un vrai tourbillon. Dans cette charmante série dont les deux saisons sont sur Tou.tv – la première est diffusée en ce moment à Radio-Canada –, on parle de charge mentale sur le ton de la comédie, mais surtout, on présente une mère réaliste, imparfaite et forte à la fois. Dans la deuxième saison, le lien entre Isabelle, sa mère (Danielle Proulx), sa sœur (Véronique Cloutier) et sa fille adolescente (Emi Chicoine) est davantage exploité, et cette complicité féminine, même si elle n’est pas parfaite (encore), dégage puissance et chaleur… tout en faisant beaucoup rire.

Sur Tou.tv Extra et Radio-Canada

Josée Lapointe, La Presse

Killing Eve

La quatrième (et ultime) saison de la palpitante série d’espionnage Killing Eve vient de débuter. C’est une excellente raison pour découvrir (ou revoir) les aventures de la persévérante Eve Polastri (Sandra Oh), agente pour les services secrets britanniques, aux trousses de la fascinante et imperturbable tueuse à gages russe Villanelle (Jodie Comer). Le duo féminin, qui n’a pas froid aux yeux, est entouré d’autres femmes fortes, dont l’agente expérimentée Carolyn Martens (Fiona Shaw), grâce à l’imagination fertile de scénaristes et de réalisatrices comme Phœbe Waller-Bridge, Suzanne Heathcote et Laura Neal.

Sur Crave et Canal+

Danielle Bonneau, La Presse

La fabuleuse Mme Maisel

Et si Lenny Bruce, légendaire humoriste ayant pourfendu au péril de sa propre intégrité physique la pudibonderie américaine, avait été non pas un homme, mais une jeune ménagère juive de l’Upper West Side ? Telle est le fabuleux (!) point de départ de cette exubérante série (dont la quatrième saison vient de débuter) créée par Amy Sherman-Palladino (Gilmore Girls), dans laquelle Miriam Maisel (Rachel Brosnahan) distribue les réparties assassines au même rythme qu’elle se déleste de ses domestications (sans pour autant renoncer à ses magnifiques tailleurs rose paparmane). Elle forme avec son agente, la grognonne Susie (Alex Borstein), un des plus attachants duos comiques du petit écran. Rares sont les odes à l’autonomisation féminine aussi purement amusantes.

Sur Amazon Prime Video

Dominic Tardif, La Presse

La faille

PHOTO YAN TURCOTTE, FOURNIE PAR LA PRODUCTION

Isabel Richer (Céline Trudeau) et Naïla Louidort (Daphné Constant) dans La faille 2

Céline Trudeau n’a pas l’air facile à vivre. Mère surprotectrice, collègue de travail intransigeante et amoureuse inaccessible, elle en fait baver à tous ceux qui l’approchent. Ses failles font toutefois d’elle l’un des personnages les plus fascinants du petit écran. Nul besoin de mentionner que l’interprétation d’Isabel Richer y est aussi pour quelque chose. Alors qu’on tourne la troisième saison de ses aventures, il est temps de rattraper les deux premières. N’attendez pas, car puisque l’action du thriller policier réalisé par Patrice Sauvé se déroule en hiver, le courage de plonger dans deux mètres de neige en plein été pourrait vous manquer.

Sur Club illico

Marc-André Lemieux, La Presse

The Good Fight (Une lutte exemplaire)

PHOTO FOURNIE PAR PARAMOUNT+

Audra McDonald (Liz Reddick) et Christine Baranski (Diane Lockhart) dans The Good Fight

The Good Fight (Une lutte exemplaire) n’est pas seulement une série qui met de l’avant des femmes de pouvoir ; elle met de l’avant la diversité. Dérivé de l’excellent drame judiciaire The Good Wife (Une femme exemplaire), cette offrande de Paramount+ nous plonge au cœur d’une firme d’avocats majoritairement afro-américains de Chicago. Plus les saisons passent, plus les épisodes reflètent l’actualité. L’ère Trump a beaucoup inspiré l’équipe d’auteurs, qui s’est abreuvée des frasques du 45e président des États-Unis pour pondre des épisodes aussi originaux que coup de poing. On attend la sixième saison avec impatience, à l’été.

Sur Paramount+, Amazon Prime Video, ICI Tou. tv Extra, Séries Plus

Marc-André Lemieux, La Presse

Portrait de la jeune fille en feu, de Céline Sciamma

Voilà un splendide film d’époque, sensible, sensuel et poétique, sur l’amour impossible – et brûlant – entre deux jeunes femmes, à la fin du XVIIIe siècle. C’est à la fois un manifeste sur la condition féminine et sur le carcan de la société patriarcale, avec une inévitable résonance contemporaine. Il n’y a pratiquement pas d’homme dans le film, sinon celui qui porte les bagages au début… Céline Sciamma a choisi à dessein, dans une mise en scène magnifique de subtilité, d’offrir un regard féminin sur une histoire d’amour féminine. On le remarque tellement c’est exceptionnel.

Sur Crave, Illico et Tou.tv Extra

Marc Cassivi, La Presse