«Il y a quelques années, une fille était venue me voir à la fin d'un atelier littéraire que j'animais dans un cégep. Elle m'a fait ce commentaire: Je suis surprise, j'ai toujours cru qu'un écrivain, c'était un vieux dépressif magané avec un air bête, portant un veston brun qui pue la cigarette. Je lui ai répondu que, de toute évidence, elle confondait les auteurs québécois et les auteurs français.

Mis à jour le 28 janv. 2013
Marie-Claude Girard LA PRESSE

Et la fille avait un peu raison. Les écrivains français, on les reconnaît rien qu'à l'air bête qu'ils font sur les photos. [...] Mais il ne faudrait pas croire que «je souffre» est la seule expression faciale dont ils sont capables. Ils en ont une deuxième, «je boude» [...]», écrit Stéphane Dompierre dans Fâché noir, le recueil de chroniques qui sera lancé le 30 janvier prochain.

Après avoir exhorté «l'ami lecteur» à acheter des tas de livres québécois, il prévient: «Ne te laisse surtout pas décourager par les visages souriants de leurs auteurs.»

Souvent hilarantes, ces chroniques à la mauvaise foi assumée ont d'abord été publiées sur le portail de Yahoo! Québec. Elles portent sur des petits riens dans l'air du temps: le culte du moment présent, les points d'exclamation, les phrases toutes faites, les touristes québécois, les spectacles gratuits.

À prendre au second degré, faut-il préciser, ce que n'ont pas compris certains internautes outragés...