Lauréate du Prix du gouverneur général en 2005 pour Horatu, Aki Shimazaki continue à décortiquer le non-dit et ses effets dévastateurs dans Tsukushi, quatrième volet de son deuxième cycle romanesque.

Mis à jour le 24 févr. 2012
Josée Lapointe LA PRESSE

Avec la régularité d'un métronome (un livre aux deux ans), la romancière d'origine japonaise, qui écrit directement en français, traque avec précision les failles dans les portraits lisses des couples et des familles.

Cette fois, elle s'intéresse au sort de Yûko, mère d'une fille de 13 ans et mariée à homme issu d'une famille riche et puissante, qu'elle a fini par aimer après avoir renoncé à un amour de jeunesse.

Quand elle découvre ce qui se cache derrière ce mariage, son monde s'écroule. Même si les différents revirements du récit ne sont pas vraiment surprenants, on est quand même touché par l'histoire de cette femme qui, parce qu'elle a fait un mauvais choix, est passée complètement à côté de sa vie, et doit choisir une deuxième fois entre convenance et amour.

«Les larmes tombent sur ma main qui tient la tasse de thé», dit Yûko lorsque la vérité éclate, exprimant avec retenue le poids de la trahison et de la déception. Pas de cris, pas de drame: c'est cette pudeur qu'on aime chez Shimazaki, et qui la rend émouvante malgré une certaine naïveté dans son propos.

Tsukushi

Aki Shimazaki

Leméac/Actes Sud, 144 pages

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