Nakurmiik marialuk (« merci beaucoup », en inuktitut), peut s’exclamer notre nordiste poète Jean Désy qui livre, avec Non je ne mourrai pas, un de ses plus beaux témoignages.

Éric Clément Éric Clément
La Presse

Celui d’un homme qui a failli mourir dans la toundra du Nunavik à la suite d’un accident de motoneige en plein hiver, dans la région de Kangiqsujuaq. Le livre est un long et profond monologue traduisant, in fine, son amour inconditionnel du Nord, quoi qu’il advienne. L’adoration d’un lieu de défis, de menaces, de silences, de beautés, de lumières et de solidarités.

À cause d’une seconde d’inattention, Jean Désy s’est retrouvé coincé dans un ravin, les os fracturés, seul au milieu de nulle part. Il raconte avec sa belle poésie boréale sa douleur, sa lutte contre le froid et les loups, son combat pour survivre, les souvenirs qui émergent quand la mort rôde. Tout y passe. Les distractions improvisées pour oublier l’angoisse, les délires, les rêves, les prières, l’ivresse du détachement puis la peur, les pleurs, l’abandon au triste sort, à cette immensité blanche qui touche alors à l’au-delà. Un très beau poème à la vie et à ce Nord si grand, si fort et qui, si l’on s’endort, nous mord.