Retraité, Harry Bosch ? Sur papier, oui. Il continue, dans les faits, de faire ce qu’il a toujours fait : prendre les moyens qu’il faut pour trouver la vérité.

Alexandre Vigneault Alexandre Vigneault
La Presse

Incendie nocturne le place devant une situation inusitée : au lendemain de la mort du policier qui fut son mentor, John Jack Thompson, sa veuve lui remet un dossier jamais élucidé qu’elle a trouvé dans ses affaires. Bosch refile le cas à la jeune inspectrice Renée Ballard. Très vite, l’une et l’autre flairent que Thompson n’a pas cherché à élucider l’affaire, mais à s’assurer qu’elle demeure bien enfouie...

Bosch ne ménagera pas ses efforts pour clarifier la situation. Et il en aura plein les bras avec les deux autres meurtres que Ballard et lui élucideront dans ce roman de 471 pages où Michael Connelly (Le poète, La blonde en béton) mène les choses rondement, sans vraiment tenir en haleine.

Plus que l’intrigue, c’est la peinture sociale qui intéresse ce romancier. Et c’est particulièrement vrai dans Incendie nocturne, où il met en scène des dilemmes moraux, les préjugés qui ont la vie dure au sein de la police et, à travers Renée Ballard, le harcèlement et le sexisme qui existent dans ce milieu.

Connelly est habile, bien entendu. Il est à la fois Bosch et Ballard, leur donne corps et esprit avec acuité et une certaine sensibilité. On ne peut toutefois pas dire qu’Incendie nocturne, par ailleurs plombé par une traduction trop franchouillarde, soit une aventure bien prenante, qui donne l’impression de ne pas savoir sur quel pied danser. Et plutôt que de le tasser tranquillement, ne devrait-il pas mettre Bosch à la retraite pour vrai et donner toute la place à Ballard ?

★★★

Incendie nocturne, de Michael Connelly, Calmann-Lévy Noir, 471 pages