Américains, Britanniques, Africains, Danois… grâce à la traduction, des auteurs de partout dans le monde nous sont accessibles en français. Voici une sélection de 10 titres — dont quelques briques — qui se distinguent cet automne.

Nathalie Collard Nathalie Collard
La Presse

Les lionnes

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Les lionnes, de Lucy Ellman, traduit de l’anglais (États-Unis) par Claro

Roman de Lucy Ellman, traduit de l’anglais (États-Unis) par Claro. Seuil. Septembre.

Le Irish Times a qualifié ce roman d’un des « plus grands livres du siècle ». Il s’agit du huitième roman de cette Britannique d’adoption qui nous propose un portrait de femme, mère de quatre enfants, vivant en Ohio. Le roman est écrit sous la forme d’un long monologue intérieur, sans ponctuation (!) où tout y passe : le futile, le quotidien, la politique américaine, notre dépendance à notre téléphone, Marie Kondo, etc. Les critiques sont dithyrambiques. Soyez avertis, le livre fait 1000 pages.

Ma vie de cafard

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Ma vie de cafard, de Joyce Carol Oates, traduit de l’anglais (États-Unis) par Claude Seban

Roman de Joyce Carol Oates, traduit de l’anglais (États-Unis) par Claude Seban. Philippe Rey. Octobre.

La prolifique Joyce Carol Oates est toujours inspirée par l’actualité. Cette fois, c’est le racisme qui est au cœur de son roman. Elle l’aborde de biais, en mettant en scène une jeune femme qui dénonce le meurtre d’un jeune homme afro-américain exécuté par ses propres frères. Loyale à ses propres valeurs plutôt qu’à sa famille qui la rejettera, la jeune Violet Rue Kerrigan se construira à partir de cet évènement. Une quête d’identité ainsi qu’une réflexion sur la solidité des liens familiaux.

Fin de combat

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Fin de combat, de Karl Ove Knausgaard, traduit du norvégien par Christine Berlioz, Jean-Baptiste Coursaud, Marie-Pierre Fiquet et Laila Flink Thullesen

Roman de Karl Ove Knausgaard, traduit du norvégien par Christine Berlioz, Jean-Baptiste Coursaud, Marie-Pierre Fiquet et Laila Flink Thullesen. Denoël. Septembre.

Quand il faut quatre traducteurs pour passer à travers un roman, c’est qu’il est costaud. Le sixième et dernier tome de ce long cycle autobiographique compte 1400 pages. Depuis le début de cette aventure, on a qualifié l’auteur de narcissique, complaisant, impudique… Il revient d’ailleurs sur les conséquences de la publication de son œuvre sur sa vie — personnelle et familiale — qui a été exposée dans les médias à la suite du succès international qu’il a remporté avec ce livre hors-norme.

Quichotte

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Quichotte, de Salman Rushdie, traduit de l’anglais par Gérard Meudal

Roman de Salman Rushdie, traduit de l’anglais par Gérard Meudal. Actes Sud. Septembre.

Le grand écrivain revisite un classique et le met à sa main. Dans les traits de Don Quichotte, il imagine un représentant de commerce qui tombe amoureux d’une vedette de la télé. Accompagné de son fidèle compagnon, Sancho, son fils imaginaire, il part sur les routes de l’Amérique. Un roman picaresque qu’on dit traversé par les grands questionnements de notre époque.

Le crépuscule et l’aube

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Le crépuscule et l’aube, de Ken Follett, traduit de l’anglais par Cécile Arnaud, Jean-Daniel Brèque, Odile Demange, Nathalie Gouyé-Guilbert et Dominique Haas

Roman de Ken Follett, traduit de l’anglais par Cécile Arnaud, Jean-Daniel Brèque, Odile Demange, Nathalie Gouyé-Guilbert et Dominique Haas. Robert Laffont. Septembre.

L’auteur des Piliers de la Terre situe cette fois son intrigue en l’an 997, à la fin du haut Moyen Âge. Nous sommes en Angleterre, et l’Angleterre est attaquée de toutes parts, par les Gallois et les Vikings à l’est. On suivra le destin de trois personnages : Edgar, un jeune constructeur de bateaux ; Ragna, une noble normande, qui prend mari anglais et donc, pays ; et enfin Aldred, un moine idéaliste. Un grand récit, riche et foisonnant, qui porte définitivement la marque Follett.

L’autre moitié de soi

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L’autre moitié de soi, de Brit Bennett, traduit de l’anglais (États-Unis) par Karine Lalechère

Roman de Brit Bennett, traduit de l’anglais (États-Unis) par Karine Lalechère. Flammarion Québec. Septembre.

C’est l’histoire de sœurs jumelles dont la peau n’est ni tout à fait noire ni tout à fait blanche. Elles ont fui leur ville natale, dans le nord de la Louisiane, à l’adolescence. L’une d’elles vivra sa vie en cachant le fait qu’elle est noire. L’autre reviendra dans la région avec sa fille. Ce roman a eu beaucoup d’échos aux États-Unis à sa publication, et HBO a acquis les droits pour en faire une minisérie. Il y est entre autres question de colorisme, c’est-à-dire de la hiérarchisation des différentes teintes de peau noire, un sujet rarement abordé en Occident.

American Dirt

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American Dirt, de Jeanine Cummins, traduit de l’anglais (États-Unis) par Françoise Adelstain et Christine Auché

Roman de Jeanine Cummins, traduit de l’anglais (États-Unis) par Françoise Adelstain et Christine Auché. Philippe Rey. Septembre.

C’est un roman sur la migration. Quand son mari, journaliste, révèle l’identité du chef d’un cartel de la région d’Acapulco, une libraire et son fils doivent quitter d’urgence le Mexique. La jeune femme entreprendra alors le long chemin vers le nord, en direction de la frontière américaine, en compagnie d’autres migrants qui, comme elle, sont en quête d’une certaine sécurité. Une histoire qui parle de survie et de résilience.

Delicious Foods

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Delicious Foods, de James Hannaham, traduit de l’anglais (États-Unis) par Cécile Deniard

Roman de James Hannaham, traduit de l’anglais (États-Unis) par Cécile Deniard. Globe. Septembre.

Une jeune femme, mère d’un garçon de 11 ans, développe une dépendance au crack à la suite de la mort de son mari. Un jour, elle disparaît mystérieusement. On la retrouvera employée — ou devrait-on dire esclave ? — dans une ferme peu conventionnelle qui lui fournit sa dose en échange de son labeur. Une histoire captivante qui se lit comme un thriller et qui fait réfléchir sur la manière dont chaque personne, avec son bagage et ses fragilités, traverse les épreuves.

Fille, femme, autre

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Fille, femme, autre, de Bernardine Evaristo, traduit de l’anglais (Royaume-Uni) par Françoise Adelstain

Roman de Bernardine Evaristo, traduit de l’anglais (Royaume-Uni) par Françoise Adelstain. Globe. Octobre.

Le nom d’Evaristo vous dit peut-être quelque chose ? L’écrivaine a remporté le Man Booker Prize l’an dernier, ex æquo avec Margaret Atwood. C’était la première fois qu’une femme noire remportait ce prix prestigieux. Ce roman choral est composé des récits croisés de 12 femmes à différentes étapes de leur vie. Elles sont âgées de 19 à 93 ans, sont hétéros, queer, homos, non binaires, et elles sont toutes investies dans une quête personnelle. Un roman on ne peut plus actuel.

L’homme en rouge

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L’homme en rouge, de Julian Barnes, traduit de l’anglais par Jean-Pierre Aoustin

Roman de Julian Barnes, traduit de l’anglais par Jean-Pierre Aoustin. Le mercure de France. Octobre.

Julian Barnes plonge dans la Belle Époque à travers le portrait de Samuel Pozzi, chirurgien et gynécologue très en vogue à Paris à la fin des années 1800. Parmi ses patientes-admiratrices (et peut-être un peu plus ?), la grande Sarah Bernhardt. On découvre la vie personnelle et professionnelle de ce personnage plus grand que nature avec, comme toile de fond, un Paris bouillonnant. Une belle évasion grâce à la superbe plume de Barnes.

On a aussi hâte de lire…

Voici d’autres titres de la rentrée étrangère qui ont également attiré notre attention. L’écrivain italien Erri De Luca nous revient avec Impossible (Gallimard), roman qui débute comme un polar, mais qui se transforme en roman philosophique empreint d’une riche réflexion sur des thèmes forts comme l’amitié et l’engagement. Après Lettre à ma fille, la maison d’édition Notabilia propose une nouvelle traduction de Maya Angelou, Rassemblez-vous en mon nom, qui est la suite du cycle autobiographique amorcé avec Je sais pourquoi chante l’oiseau en cage. Dans Les caves du Potala (Gallimard), l’auteur du best-seller Balzac et la Petite Tailleuse chinoise, Dai Sijie, nous entraîne cette fois dans l’univers de l’art tibétain ainsi que sur les traces du prochain dalaï-lama.

L’Américain Jonathan Franzen délaisse pour sa part la fiction le temps d’un essai, Et si on arrêtait de faire semblant ? (Éditions de l’Olivier), cri du cœur sur l’état alarmant de notre planète. Ceux et celles qui ne l’ont pas lu en anglais pourront lire la traduction française de Kudos (L’Olivier), de Rachel Cusk. Il s’agit de la fin de sa trilogie sur son divorce. Ceux qui ont aimé Un mariage américain, de Tayari Jones, apprécieront sans doute Des baisers parfum tabac (Presses de la Cité). Avec le même talent, Jones raconte l’histoire de deux sœurs aux destins différents à Atlanta, dans les années 80. Enfin, la Japonaise Ito Ogawa, autrice du roman Le Restaurant de l’amour retrouvé, revient avec La République du bonheur (Philippe Picquier), l’histoire de Hatoko et de sa famille recomposée, roman où la cuisine occupe une place primordiale.