(Madrid) La poétesse et essayiste canadienne Anne Carson, helléniste réputée, a reçu jeudi le prix espagnol Princesse des Asturies de littérature, le jury saluant son monde « exquis » et « érudit ».

Agence France-Presse

Le jury de ce prix prestigieux dans le monde hispanophone a estimé que cette professeure d’histoire et de grec ancien de 69 ans, pressentie pour le Nobel de littérature en 2019, était « l’une des écrivaines les plus exquises et les plus érudites de la littérature contemporaine ».

Le jury a salué son « œuvre hypnotique, dans laquelle elle fusionne les styles, les références et les formats, et mise sur l’hybride entre gréco-latin, médiéval et contemporain ».

« Elle a atteint un niveau d’intensité et de crédibilité intellectuelle qui la placent parmi les écrivains les plus remarquables » actuellement dans la littérature anglo-saxonne, a-t-il ajouté dans un communiqué.

Traduite en France où elle reste peu connue, Anne Carson bénéficie d’une belle notoriété dans les milieux littéraires anglo-saxons.

Elle s’est forgée dans l’étude des classiques gréco-latins, avec un faible pour Sappho et Homère, une influence à laquelle s’ajoute l’étude de l’anthropologie, de l’histoire, de la publicité et de l’opéra.

Anne Carson est la première femme à avoir reçu en 2001 le prestigieux prix britannique de poésie T. S. Eliot pour The beauty of the husband : A fictional essay in 29 tangos, où elle décortique les tourments d’une femme obsédée par les liaisons de son mari. Elle a également été honorée par deux fois par le Griffin, le prix canadien de poésie (Men in the off hours, 2001 et Red Doc, 2014).

Elle est l’auteure d’une vingtaine d’ouvrages, dont l’essai Glass, Irony, and God (1992, traduit en français sous le titre Verre, ironie et Dieu).

Considérés comme les Nobel du monde hispanophone, les prix Princesse des Asturies récompensent depuis 1981 des personnes ou des institutions dans divers domaines comme les arts, les sciences et le sport.