Quelles étaient les relations de de Gaulle avec les femmes ? De sa mère à sa femme, en passant par sa maîtresse, un livre explore les liens qu’il entretenait avec la gent féminine, méconnus jusqu’à ce jour.

Mathieu Perreault Mathieu Perreault
La Presse

Q. Pourquoi écrire sur ce sujet en ce moment ?

R. Je veux écrire ce livre depuis que j’ai côtoyé un ancien proche du général de Gaulle à Jeune Afrique. Je pense que c’est très actuel de parler de cette époque du féminisme de la première vague. Surtout maintenant, alors qu’on parle du harcèlement par les politiciens, dans le cinéma…

Q. Les actions du général ne sont-elles pas condamnables, vues du XXIe siècle ?

R. C’est quand même lui qui a donné le droit de vote aux femmes alors que la gauche s’y opposait parce qu’elle craignait qu’elles ne votent comme les curés ! Il a autorisé les femmes à ouvrir un compte en banque sans l’autorisation de leur mari, a légalisé la pilule anticonceptionnelle. Oui, il n’a eu qu’une femme au cabinet des ministres, mais, à l’époque, c’était la norme. Je comprends que certaines disent que ces petits pas ont retardé les grandes avancées. Mais je ne suis pas de cet avis, il a été à la hauteur du féminisme de la première vague.

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Christine Kerdellant, auteure de De Gaulle et les femmes

Q. N’y avait-il pas une relation de pouvoir entre le général de Gaulle et Elisabeth de Miribel, sa secrétaire durant la Seconde Guerre mondiale, qui a peut-être été sa maîtresse ?

R. C’est elle qui a voulu travailler avec lui de 1940 à 1942. Il y a peut-être eu quelque chose de concret en juin 1940, lors de l’arrivée à Londres, mais après, je crois que ça a été platonique. Je pense tout de même qu’on peut considérer que c’est sa maîtresse, je donne une dizaine d’indices. Elle n’a pas eu la Légion d’honneur parce que de Gaulle ne la donnait pas à ses proches, par exemple. Le seul moment où de Gaulle a eu plusieurs relations, c’était avant son mariage, alors qu’il était jeune officier détaché à Varsovie et qu’il n’avait pas de pouvoir.

Q. Une citation attribuée à de Gaulle circule : « Un ministère de la Condition féminine ? Et pourquoi pas un sous-secrétariat d’État au tricot ? » Qu’en est-il ?

R. J’ai cherché aussi à la vérifier et je n’ai pas trouvé de source. J’ai posé la question à son collaborateur Pierre-Louis Blanc, qui affirme que de Gaulle n’aurait jamais dit une chose pareille. De même que Mme de Gaulle ne tricotait pas devant des personnes tierces… Je pense que cette phrase fait partie des nombreuses légendes urbaines sur de Gaulle qui sont colportées ici ou là.

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De Gaulle et les femmes, de Christine Kerdellant, Robert Laffont, 304 pages.