La ville de Lisbonne exerce une étrange fascination sur les écrivains québécois. Pas facile cependant d’arriver après la brillante trilogie de Patrice Lessard, qui s’est terminée avec L’enterrement de la sardine en 2014.

Josée Lapointe Josée Lapointe
La Presse

Bien sûr, Nicolas Chalifour n’a pas écrit le même livre, mais on retrouve un peu la même forme dans son Vol DC-408, avec jeux de miroir, mise en abîme et circonvolutions inspirées par les dédales de la capitale portugaise.

La figure de Lessard lui-même s’y retrouve, ainsi que celle de quelques-uns de ses personnages ! On peut le voir comme un hommage, mais pour qui a lu Patrice Lessard, l’effet de surprise manque à l’appel.

Pour qui n’a pas lu Lessard, par contre, ou si on réussit à en faire abstraction, il y a un véritable plaisir à suivre cet Antoine, écrivain fiévreux et paranoïaque qui fuit sa vie tout en s’enfonçant dans les problèmes.

Roman sur la création où le protagoniste rencontre ses personnages dans une cavale hallucinée, Vol DC-408 parle aussi des ravages du tourisme de masse, alors qu’Antoine rencontre une bande de guérilleros urbains qui mènent la vie dure aux Starbucks de ce monde.

C’est d’ailleurs dans la deuxième moitié de ce récit fébrile et alcoolisé, quand les choses s’en vont en dérapant, que le roman démontre toute son originalité et que son propos se raffine. Une curiosité, intelligente mais imparfaite.

★★★

Vol DC-408, de Nicolas Chalifour. Héliotrope, 285 pages.