Suzuran est un livre court et dense, qui se dépose doucement, au fil des pages, dans notre imaginaire.

Iris Gagnon-Paradis Iris Gagnon-Paradis
La Presse

L’écriture d’Aki Shimazaki, autrice québécoise d’origine japonaise qui compte plusieurs œuvres à sa feuille de route, n’est pas des plus éclatantes et ne s’encombre pas de fioritures, comme son touchant personnage d’Anzu, mais elle se déploie, sans tambour ni trompette, enveloppe et induit un état presque contemplatif, bercé par un certain onirisme.

Le récit intimiste de Suzuran, simple, touche au cœur des choses, à l’essentiel. On y découvre Anzu, qui vit dans une petite ville près de la mer du Japon, une artiste qui consacre sa vie à la poterie, après une suite de déceptions amoureuses.

Douce, indépendante, elle trouve le calme et l’élévation dans son art, entourée de son fils, de ses parents aimants et de sa sœur, qui a tout pour briller, mais qui est incapable de tisser des liens solides avec les autres.

La surface calme de la mer intérieure d’Anzu se trouvera agitée par une suite d’événements qui viendront ébranler sa vie quasi monastique. Un beau roman, touchant, à contre-courant de la vitesse effrénée de la vie moderne, qui s’annonce comme le premier d’un nouveau cycle, après les pentalogies Le poids des secrets, Au cœur du Yamato et L’ombre du chardon.

★★★

Suzuran. Aki Shimazaki. Leméac/Actes Sud. 166 pages.