En avril 2014, le groupe terroriste Boko Haram kidnappait 276 lycéennes dans le village de Chibok, au Nigeria. Un peu partout dans le monde, des messages de soutien ont circulé sur les réseaux sociaux : « Bring Back Our Girls ». Cinq ans plus tard, la moitié seulement ont été libérées. On ignore ce qu’il est advenu des autres.

Nathalie Collard Nathalie Collard
La Presse

L’Irlandaise Edna O’Brien redonne vie et dignité à toutes ces jeunes filles en se glissant dans la peau de l’une d’entre elles. Girl, son 19e roman, est un véritable tour de force : l’écrivaine de 88 ans nous fait vivre la captivité des otages de Boko Haram de l’intérieur : le choc de l’enlèvement, l’espoir d’être sauvée, la peur, le lavage de cerveau, la violence, sexuelle, physique, psychologique. Et à travers toute cette horreur, parfois, quelques moments de beauté révélés dans un lien d’amitié, l’amour d’une mère pour son enfant.

Girl reste un livre très dur qu’on lit le souffle coupé, les larmes aux yeux. L’écriture est efficace, puissante. Pas surprenant qu’il soit sélectionné pour plusieurs prix, dont le Médicis et le Femina.

★★★½
Girl. Edna O’Brien. Traduit de l’anglais (Irlande) par Aude de Saint-Loup et Pierre-Emmanuel Dauzat. Sabine Wespieser éditeur. 256 pages.