Parce que ce sont des auteurs qu’on apprécie, parce que les thèmes qu’ils abordent sont importants, voici 10 romans en traduction qu’on attend avec impatience.

Nathalie Collard Nathalie Collard
La Presse

Girl de Edna O’Brien

À l’âge de 90 ans, l’écrivaine irlandaise Edna O’Brien réussit un véritable tour de force : imaginer l’horreur vécue par les jeunes filles nigérianes kidnappées par Boko Haram en 2014. En se glissant dans la peau de l’une d’entre elles, elle nous fait vivre la terreur de la captivité et l’humiliation vécue par ces jeunes femmes, dont plusieurs ont eu un enfant alors qu’elles étaient prisonnières. La narratrice, qui s’échappe avec son bébé, retrouvera sa famille, mais devra composer avec leur réaction. Un récit puissant qui humanise un sujet d’actualité en nous le faisant vivre de l’intérieur.

Girl
Edna O’Brien
Traduit de l’anglais (Irlande) par Aude de Saint-Loup et Pierre-Emmanuel Dauzat
Sabine Wespieser Éditeur
Parution : 11 septembre

Un mariage américain de Tayari Jones

Voilà un roman qui jouit d’appuis de taille : celui du club de lecture de l’animatrice Oprah Winfrey et de Barack Obama, qui l’avait placé sur sa liste de ses lectures préférées en 2018. Un récit brûlant d’actualité puisqu’il parle de racisme aux États-Unis. L’histoire d’un couple de jeunes mariés afro-américains qui file le parfait bonheur à Atlanta jusqu’au jour où l’homme est faussement accusé de viol. Condamné à une peine d’emprisonnement de 12 ans, il sortira au bout de cinq ans. Mais sa femme, qui n’a pas supporté l’attente, a trouvé réconfort dans les bras de son ami d’enfance. Déchirant.

Un mariage américain
Tayari Jones
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Karine Lalechère
Plon : Feux croisés
Parution : 29 août

Dans la fureur du monde de Chris Krause

Publié avant son succès I Love Dick, ce roman raconte la relation improbable entre une intello issue du monde des arts et un ex-prisonnier qui vient de purger 16 mois de prison pour fraude. Le couple sera entre autres amené à se battre contre le système de justice américain. Ex-journaliste, artiste multidisciplinaire, critique d’art, Chris Kraus a en outre signé plusieurs essais théoriques. Son personnage principal, professeure d’art, est donc très crédible. La réflexion sur le fossé qui sépare les classes sociales aux États-Unis est brillante.

Dans la fureur du monde
Chris Kraus
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Alice Zeniter
Flammarion
Parution : 13 septembre

Les altruistes d’Andrew Ridker 

Il s’agit d’un premier roman pour Andrew Ridker, qu’on compare déjà à Jonathan Franzen, Philip Roth et John Updike, rien de moins. C’est vrai qu’il s’inscrit dans la tradition du grand roman américain avec cette saga des Alter, une famille qui incarne toutes les autres avec ses déchirements, ses moments de tendresse et ses grandes interrogations sur le sens de la vie. Ridker a du souffle et beaucoup d’humour et nous livre ici un beau portrait de la société américaine.

Les Altruistes
Andrew Ridker 
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Olivier Deparis
Rivages
Parution : 29 août

Miss Islande d’Auður Ava Ólafsdóttir

C’est avec un immense bonheur qu’on retrouve Auður Ava Ólafsdóttir, auteure de Rosa Candida et Ör. Dans ce sixième roman, l’Islandaise raconte l’histoire d’une jeune femme qui rêve d’être écrivaine. On l’encouragera plutôt à se présenter dans un concours de beauté… Réflexion sur la place des femmes en littérature, Miss Islande est aussi « un livre sur la liberté et la recherche de la beauté », a déclaré son auteure en entrevue. On a très hâte de le découvrir.

Miss Islande
Auður Ava Ólafsdóttir
Traduit de l’islandais par Éric Boury
Zulma
Parution : fin septembre

Ce que l’on sème de Regina Porter

Aux États-Unis, Regina Porter jouit déjà d’une excellente réputation. Dans ce premier roman, une grande fresque avec comme toile de fond la question des droits civiques, Porter relate l’histoire de deux familles américaines. La première est noire, la seconde est blanche, et leurs destins seront inextricablement liés sur une période de 50 ans. Regard percutant sur la société américaine, humour et galerie impressionnante de personnages font de ce roman – qui figurait sur la liste des essentiels des grands médias américains cet été – un incontournable de la rentrée.

Ce que l’on sème
Regina Porter
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Laura Derajinski
Gallimard : Du monde entier
Parution : 11 septembre

La fille qui devait mourir de David Lagercrantz

Il ne manque pas d’action dans cette sixième mouture de Millenium. Cette finale, signée David Lagercrantz, se déroule sur fond de scandales politiques, d’usines à trolls et de déchirements familiaux. On y retrouve nos personnages préférés, le journaliste Mikael Blomkvist qui fera appel à Lisbeth Salander, partie se réfugier en Russie. De Stockholm à Moscou en passant par les montagnes de l’Himalaya, on lit ce roman en retenant son souffle. Et on imagine déjà le film.

Millénium 6 : La fille qui devait mourir
David Lagercrantz
Traduit du suédois par Esther Sermage
Actes noirs
Parution : déjà disponible

Conversations entre amis de Sally Rooney

À sa sortie en 2017, Conversations with Friends a fait un malheur dans le monde anglo-saxon. Son auteure, Sally Rooney, une jeune Irlandaise de 26 ans, l’a écrit en trois mois. On dit d’elle, comme on a dit de Lena Dunham, qu’elle est la voix de sa génération. Son propos sur les milléniaux est universel et a visé juste, bien au-delà des frontières de Dublin où elle campe l’action de son histoire. Son deuxième roman, Normal People, qualifié de phénomène littéraire de la décennie, a été adapté pour le petit écran par la BBC.

Conversations entre amis
Sally Rooney
Traduit de l’anglais (Irlande) par Laetitia Devaux
Éditions de l’Olivier
Parution : 5 octobre

Un livre de martyrs américains de Joyce Carol Oates

Avec sa plume exceptionnelle, Joyce Carol Oates, aujourd’hui âgée de 81 ans, aborde le sujet explosif de l’avortement à travers l’histoire de deux hommes : un médecin qui pratique des avortements et son assassin, qui sera éventuellement emprisonné. L’impact de leur absence sur leur famille, en particulier leurs filles, est un prétexte pour parler des droits des femmes, des pro et des antichoix, ainsi que de l’état de l’Amérique aujourd’hui. À sa sortie en anglais en 2017, on a salué le grand humanisme et l’intelligence de ce roman, une brique de plus de 800 pages qui devrait occuper nos soirées d’automne.

Un livre de martyrs américains
Joyce Carol Oates
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Claude Seban
Philippe Rey
Parution : 15 octobre

Archives des enfants perdus de Valeria Luiselli

On dit souvent qu’on écrit bien que sur ce qu’on connaît vraiment. Si tel est le cas, Valeria Luiselli sait de quoi il est question lorsqu’elle parle de la crise migratoire qui déchire la société américaine. Plus jeune, elle a quitté le Mexique avec sa famille pour s’installer aux États-Unis. Dans ce deuxième roman remarqué par la critique, elle raconte le road trip vers l’Arizona d’un couple en crise et de ses deux enfants. Un livre rempli de références littéraires qui réussit, dit-on, à parler de l’enfance avec brio et intelligence.

Archives des enfants perdus
Valeria Luiselli
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Nicolas Richard
Éditions de l’Olivier
Parution : 14 septembre