Cinq semaines après la gifle de Will Smith à Chris Rock lors de la cérémonie des Oscars, c’est au tour de l’humoriste américain Dave Chappelle d’être agressé sur scène lors d’un spectacle, mardi soir à Los Angeles.

Mis à jour le 4 mai
Stéphanie Morin
Stéphanie Morin La Presse

Dave Chappelle participait mardi au festival Netflix Is A Joke, organisé au Hollywood Bowl, lorsqu’un spectateur est monté sur scène et a tenté de le plaquer.

Selon le site TMZ, l’homme âgé de 23 ans s’appellerait Isaiah Lee. Il serait toujours détenu et sa caution serait fixée à 30 000 $. Le mobile de l’agression n’est pas connu pour l’instant. Toujours selon TMZ, Isaiah Lee aurait lancé sur Spotify, sous le nom d’artiste NoName_Trapper, une chanson intitulée… Dave Chappelle. Cette chanson figure en effet sur un album sorti en 2020 par l’artiste en question.

La police de Los Angeles a déclaré à l’AFP que l’agresseur portait un pistolet factice équipé d’une lame de couteau.

Il n’était pas clair dans l’immédiat s’il avait tenté de l’utiliser sur l’humoriste, qui n’a pas été blessé. On l’entend même dire dans la vidéo : « I’m going to kill that N***. »

Des vidéos ont montré l’homme être emporté sur une civière, puis vers un hôpital pour être soigné. Car selon Brianna Sacks, une journaliste de BuzzFeed présente au spectacle, l’agresseur a été à son tour attaqué par au moins 10 personnes après s’en être pris à Dave Chappelle.

PHOTO THEODORE NWAJEI, FOURNIE PAR REUTERS

L’agresseur a été transporté à l’hôpital, après avoir été maîtrisé par des responsables de la sécurité de l’humoriste Dave Chappelle.

On se souvient qu'en mars dernier, l’humoriste américain Chris Rock avait été giflé sur scène par l’acteur Will Smith durant la cérémonie des Oscars après une plaisanterie sur les cheveux ras de sa femme Jada Pinkett Smith, qui souffre d’alopécie.

Sur plusieurs images circulant sur les réseaux sociaux, Chris Rock, qui participait au même festival que Dave Chappelle, est monté sur scène dans les instants qui ont suivi l’agression pour lancer : « Est-ce que c’était Will Smith ? »

Pour plusieurs, les deux évènements qui se sont produits à cinq semaines d’intervalle soulèvent des questions sur la sécurité des humoristes. Le magazine People cite d’ailleurs une source anonyme qui travaille dans le milieu de l’humour américain et qui indique que « même avant l’incident du Slapgate, plusieurs humoristes étaient très nerveux à propos de leur sécurité. » « Ils vont devoir doubler le personnel de sécurité lors de leurs tournées », poursuit cette source.

Pareil geste serait-il envisageable au Québec ? Benjamin Phaneuf, qui produit les spectacles de plusieurs humoristes, dont Louis-José Houde et François Bellefeuille, pense que non.

« Rien n’est impossible, mais honnêtement, ça m’étonnerait. J’ai déjà vu des gens intoxiqués monter sur scène, mais ils n’étaient jamais agressifs. Et de toute façon, il ne faut pas croire que les humoristes sont laissés seuls à eux-mêmes. Il y a beaucoup de monde dans les coulisses pour leur venir en aide. »

L’attitude du public envers les humoristes n’est pas la même qu’aux États-Unis. Les gens ici sont plus tranquilles, plus pacifiques. Il faut aussi savoir que Dave Chappelle représente un cas particulier. Il parle de sujets très sensibles…

Benjamin Phaneuf

En octobre dernier, la vedette du stand-up américain a lancé un pavé avec son spectacle The Closer, dans lequel elle répondait aux critiques l’accusant de se moquer des personnes transgenres. Netflix s’est par la suite trouvé dans une polémique sur la liberté d’expression aux États-Unis après la diffusion de l'émission spéciale.

Dans ce spectacle condamné par des groupes LGBTQ+, Dave Chappelle affirmait entre autres que « l’existence du genre est un fait » et que ses détracteurs étaient « trop sensibles ». Dans les instants qui ont suivi l’incident de mardi, l’humoriste a d’ailleurs lancé qu’il venait probablement de se faire attaquer par une personne trans. Un commentaire qui a soulevé de nombreuses critiques sur les réseaux sociaux.

Avec l’Agence France-Presse