Pour son second spectacle solo, Impolie, Mariana Mazza touche à tout, se dévoile, ne s’impose toujours aucun filtre et réussit globalement son coup.

Publié le 27 avril
Marissa Groguhé
Marissa Groguhé La Presse

Sur les notes de la chanson Borders de M.I.A., Mariana Mazza arrive mardi soir sur la scène de L’Olympia comme une vedette pop. Dans un ensemble de satin rouge, les cheveux remontés en deux chignons, elle en redemande lorsque les applaudissements qui l’accueillent se tarissent. Elle profite du moment. Si elle a reformulé son premier spectacle Femme ta gueule sous la forme d’un film après l’avoir mené dans tous les théâtres du Québec, lui permettant une plus longue vie, cela fait tout de même un bout de temps qu’on n’a pas entendu Mariana Mazza faire des blagues sur scène.

Pour ce retour, l’humoriste commence fort. Avec des « blagues de marde », où elle parle essentiellement… de caca. Elle ne se gêne pas pour annoncer que ce sera une soirée où la vulgarité ne sera pas taboue. Il y aura d’autres gags du genre. L’humour de Mariana Mazza est cru, et elle ne change pas la formule qui a convaincu bien des gens depuis le début de sa carrière. Elle parle tout aussi fort et va toujours aussi loin avec des sujets qui ne feront pas l’unanimité, mais sauront ravir ceux à qui ce style de blagues plaît.

On ne sait jamais trop quand l’humoriste va nous surprendre avec un moment décalé, entre le rire et le malaise. Elle s’adresse à la foule et méprise parfois les gens à qui elle parle, se permet de rire de son public, sans retenue. Ces moments d’improvisation sont parfois savoureux, d’autres fois un peu plus difficiles. C’est malaisant à souhait, en tout cas.

Aussi, elle réserve quelques instants de son spectacle pour parler de ses fans, de sa reconnaissance pour cette vie qu’elle mène. Si elle les écorche au passage durant ses numéros, Mazza sait que ce sont ceux qui l’aiment qui la portent. Mariana Mazza sait qu’elle ne fait pas l’unanimité, mais elle sait aussi que beaucoup de gens continuent de la suivre et de l’aimer pour qui elle est. On n’a aucune doute que ces moments qui viennent du cœur sont sincères, bien qu’ils alourdissent quelque peu le rythme du spectacle.

PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE

L’humoriste Mariana Mazza se permet de s’étendre sur des choses plus sérieuses dans son spectacle.

Confidence et autodérision

Elle revient aussi sur les fois où les « scandales » de sa carrière lui ont valu de se remettre en question, de sentir le besoin de s’éloigner de cette vie où elle est souvent la cible de critiques. Elle parle de sa courte carrière à la radio (qui s’est mal finie), de son passage à Tout le monde en parle (durant lequel elle a appelé Guy Lafleur « mon tabarnak »), de ses moments de chroniqueuse à la télé.

L’humoriste se confie, elle se permet de s’étendre sur des choses plus sérieuses. Mais chacun de ces passages est suivi d’un bon gag. L’autodérision ne fait pas peur à Mariana Mazza.

Oui, elle rit des autres, parfois de façon un peu (trop) agressive, mais elle ne manque pas l’occasion de rire d’elle-même aussi.

Elle n’a pas peur non plus de dénigrer toute la gent masculine, qui ne « sert à rien ». Le numéro sur les hommes tombe dans le mile. Et elle revient souvent à cette aversion du sexe opposé, une bonne chose, car c’est toujours très drôle.

Elle est au mieux lorsqu’elle prend le temps d’installer son histoire et de laisser les gags ponctuellement pimenter le tout. C’est le cas notamment lorsqu’elle parle de sexe, un autre de ces « tabous » qu’elle explore sous toutes ses coutures.

La mise en scène est sobre. Le décor, des néons en arrière-scène, reste simple, mais efficace. Dans la deuxième partie du spectacle, elle amène un trépied devant elle pour lire son journal de bord, qui relate son voyage en Europe avec sa mère. Ça s’accompagne de visuel (on aurait souhaité en avoir plus !), d’un extrait audio. Le numéro est très bien ficelé et livré, l’un des meilleurs moments de la soirée. Elle dédie d’ailleurs une longue partie de son spectacle à sa mère. Le moment est attendrissant et drôle à la fois.

Mariana Mazza est impolie, oui. Elle sacre tout le temps et parle de tout ce dont elle a envie de parler, sans s’excuser. Elle est irrévérencieuse, comme d’habitude. Surtout, elle est elle-même. On ne peut pas plaire à tout le monde, elle le sait. Mais elle sait aussi comment s’adresser à ceux à qui elle plaît.

Impolie

Impolie

De Mariana Mazza

En tournée québécoise jusqu’en 2023

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