Pour la seconde année, l’École nationale de l’humour (ENH) vient de remettre quatre bourses de 35 000 $ chacune issue du fonds créé en partenariat avec Netflix. Ces aides financières visent à soutenir les premières créations en fiction de comédie des lauréats.

Marissa Groguhé Marissa Groguhé
La Presse

Vingt-cinq projets ont été soumis. Quatre ont été retenus. Des séries télé, dont une d’animation.

Clara et Billie pour la vie, de Pascale Bilodeau, est la première œuvre du genre à remporter la bourse et s’adresse aux enfants de 6 à 10 ans. Une série qui aborde le monde de l’enfance et le moment inévitable où on le quitte. 

Autre gagnante, la série MUG, écrite par Tanya Henri. L’histoire de Muguette, qui navigue entre une résidence pour personnes en perte d’autonomie et le monde effervescent de la restauration.

Le projet de Benoit Cyr et Marc-André Vigneault, Junio Junior, aborde l’histoire d’un adolescent dont la vie changera à tout jamais lorsqu’il reçoit la visite « bedonnante et peu inspirante de lui-même », débarqué du futur.

Finalement, Décousues, par Tammy Verge et Marie-Soleil Dion, raconte le moment où Lévis apprend que son père n’est pas celui qu’il croyait. Le jeune homme est alors prêt à tout pour découvrir la vérité sur l’identité de son géniteur. 

Il y a une belle diversité. Et trois projets sur quatre viennent d’autrices. On est très heureux de pouvoir aider des créatrices dans le milieu de l’humour. Ça monte que la progression qui était plutôt lente se fait un peu plus rapidement. Le milieu est vraisemblablement en train de se “dégenrer”.

Louise Richer, directrice générale fondatrice de l’École nationale de l’humour

Une bible de présentation et des scénarios

Les gagnants doivent maintenant créer, d’ici un an, une bible de présentation, ainsi que des scénarios de deux épisodes de 60 minutes ou de trois épisodes de 30 minutes. Le résultat sera soumis aux diffuseurs choisis, qui n’ont pas à être Netflix. La plateforme n’a ni droit de regard sur le travail ni priorité sur le droit de diffusion. L’apport financier de Netflix pour ces bourses est tiré de l’enveloppe de 25 millions annoncé en 2017 en parallèle au fameux investissement de 500 millions pour des productions originales. Ce budget vise à « appuyer le contenu canadien-français sur la plateforme par une stratégie de développement du marché canadien », lit-on sur le site du gouvernement du Canada. Mais nul n’est tenu de lui rendre des comptes sur le plan créatif, assure Mme Richer.

L’association entre Netflix et l’ENH s’est faite il y a deux ans, dans le cadre de l’engagement de Netflix à soutenir le développement de talents au Canada, explique Mme Richer. Cette entente se décline en trois volets distincts, soit la mise sur pied de conférences publiques et de classes de maîtres, l’aide au perfectionnement en scénarisation de comédie télé et le soutien au développement de premières œuvres.

C’est pour ce troisième objectif que les quatre bourses sont attribuées annuellement. Un facteur primordial pour la participation à ce programme est « le critère de la première œuvre », explique Louise Richer. « La volonté, à la base, est de soutenir le développement de talent, affirme-t-elle, à propos de l’initiative. Nous voulons favoriser les œuvres des artistes qui n’ont jamais été les auteurs ou autrices principaux sur une série ou un scénario de cinéma. »

Autre critère clé pour l’admissibilité : le soutien d’une boîte de production. Oasis Animation, KOTV, Trio Orange et Groupe Fair-Play inc. soutiennent ainsi les projets gagnants. Cela permet de montrer aux potentiels diffuseurs « que les projets ont vraiment le souffle pour se rendre à terme ». 

Le prochain appel de projets pour le fonds ENH-Netflix sera lancé à l’automne 2020.