Notre critique s’est rendu au Cabaret Lion d’Or, vendredi soir dernier, pour voir un trio d’humoristes en spectacle, dans le cadre de la tournée Projet Parallèle.

Luc Boulanger Luc Boulanger
La Presse

« Enfin des humains ! », s’est exclamé Guillaume Pineault en montant sur scène devant le public restreint du Cabaret Lion d’Or, vendredi soir dernier, en spectacle dans le cadre de Projet Parallèle. « Ça fait du bien de remonter sur une scène… et de ne plus voir le dessous des narines des gens sur Zoom ! »

On lui rend la pareille : ça fait du bien de (re)voir des artistes en chair et en os, dans une salle de spectacles, après quatre mois de prestations numériques.

Alors que les humoristes ont mis en veilleuse leurs tournées, le Québec est tombé en panne de divertissement… Et de légèreté. Parce que la COVID-19 ne fait pas que distancer les humains : le virus nous divise et nous déchire aussi. Alors, l’amorce d’une reprise des arts vivants est bienvenue. On a tous besoin de rire ensemble et de se changer les idées.

PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE

Le port du couvre-visage est obligatoire pour les spectateurs à leur arrivée en salle et durant leurs déplacements. Par contre, on peut l’enlever une fois assis à sa table.

Projet Parallèle est un concept du Groupe Phaneuf qui vise à relancer les spectacles d’humour en temps de pandémie. Avec une formule de spectacles adaptée aux mesures sanitaires actuelles. Le port du couvre-visage est obligatoire pour les spectateurs à leur arrivée en salle et durant leurs déplacements. Par contre, on peut l’enlever une fois assis à sa table.

Et bien sûr, les salles sont clairsemées. Au Lion d’Or, une quarantaine de spectateurs ont assisté à la soirée, vendredi, dans une configuration « cabaret allégé », alors qu’en temps normal, le Lion d’Or peut accueillir jusqu’à 350 personnes. Les spectacles sont courts (environ une heure) et sans entracte. À tour de rôle, trois humoristes font des numéros de stand-up de 20 à 30 minutes chacun. Vendredi dernier, Guillaume Pineault partageait la vedette avec Neev et Pierre-Bruno Rivard.

Humour déconfiné

PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE

Au Lion d’Or, une quarantaine de spectateurs ont assisté à la soirée, vendredi, dans une configuration « cabaret allégé », alors qu’en temps normal, le Lion d’Or peut accueillir jusqu’à 350 personnes.

C’est l’humoriste d’origine marocaine Neev qui a ouvert le spectacle, avec un monologue inégal où il était entres autres question de vieillissement, de (nouvelle) paternité et de culture arabe. L’humoriste excelle lorsqu’il passe tout de go du français marocain à l’accent québécois. Une fois passé par-dessus la nervosité de la première, son numéro devrait se bonifier.

Ensuite, Pierre-Bruno Rivard est venu nous parler de son drôle de confinement, en tant que jeune trentenaire célibataire et désordonné. Se définissant comme un éternel pessimiste, Rivard a fait mouche du « ça va bien aller » des autorités publiques. Sous une apparente légèreté, son humour a une connotation sociale. « Je vis dans un monde où nous sommes tout le temps à deux mauvaises décisions de devenir un itinérant », illustre-t-il. Vendredi, sa livraison nous a toutefois semblé un peu trop précipitée.

PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE

L’humoriste Pierre-Bruno Rivard nous a parlé de son drôle de confinement.

La palme de la soirée va à Guillaume Pineault. Le comédien a déridé le public en interagissant souvent avec lui. Avec un style charismatique et un contenu sans censure, l’humoriste aime repousser les limites de son art. Il a même abordé la question des allégations de nature sexuelle dans l’actualité, cet été, en ridiculisant ce « vieux chum » qui envoie des photos de pénis aux filles. C’est avec aisance qu’il s’est aventuré sur ce terrain (très) glissant.

Le spectacle a pris fin rapidement, alors que la salle était réchauffée. Tout le monde a remis son couvre-visage, puis a quitté la salle sagement, tranquillement. Avec l’impression d’avoir gagné une petite heure de rire et de légèreté, à l’abri de la folie du monde.

Les soirées d’humour du Projet Parallèle se poursuivent jusqu’au 29 août, entre autres au Cabaret Lion d’Or, au Vieux-Clocher, à Magog, et au Théâtre Petit Champlain, à Québec.

> Consultez le site du Projet Parallèle