Le coup d’envoi du festival numérique d’humour HAHAHA, qui se termine dimanche soir, a été donné jeudi. Charles Beauchesne, David Beaucage, Kevin Raphaël, Pierre-Yves Roy-Desmarais, Jean-Sébastien Girard, Les Grandes Crues, Mélanie Couture : il y en a eu pour tous les goûts durant cinq heures ponctuées de beaucoup de succès et de quelques ratés.

Marissa Groguhé Marissa Groguhé
La Presse

Charles Beauchesne et la peste noire

L’excellent Charles Beauchesne a brisé la glace jeudi. Un choix avisé, puisque celui-ci propose un humour qui se passe assez bien de public. Ainsi, difficile d’être dérouté par son exposé historique, sur fond gris et appuyé par des « diapositives ». 

D’ailleurs, parce qu’ils ne peuvent pas rythmer leurs blagues avec les rires, les humoristes doivent repenser leurs performances complètement. Ce qui a été offert durant cette première soirée répondait très bien à ces exigences sans précédent.

En pyjama et peignoir rouge, une tuque vissée sur la tête, Charles Beauchesne a discouru pendant une heure sur la pandémie de la peste noire, son origine, sa propagation, sa quasi-disparition. Comme il nous y a habitués, on a appris tout en riant. 

Son humour subtil et pince-sans-rire a ravi le public, qui pouvait s’exprimer en ligne pendant la soirée. La première heure, l’outil a beaucoup servi à la résolution de problèmes. D’abord, pour rendre l’expérience optimale, beaucoup ont voulu diffuser l’image de leur ordinateur, téléphone ou tablette sur leur téléviseur, ce qui a semblé impossible pour certains. 

Un compte FSTVL HAHAHA se chargeait de répondre aux demandes, mais aussi d’interagir avec les spectateurs à propos des performances. Une idée qui a été très efficace, tout au long de la soirée. Autre très bon coup : les artistes avaient eux aussi la possibilité de participer à la conversation, à partir d’un compte « vérifié » facilement identifiable. 

PHOTO FOURNIE PAR LE FESTIVAL

David Beaucage et Danick Martino

David Beaucage, Danick Martino, Kevin Raphaël et Pierre-Yves Roy-Desmarais parlent sport

Alors que la qualité de diffusion a été optimale pendant plus d’une heure, quelques problèmes techniques nous ont fait perdre des morceaux du numéro de David Beaucage, Danick Martino, Kevin Raphaël et Pierre-Yves Roy-Desmarais. L’image a parfois gelé pour tout le monde en même temps, ce qui s’est reproduit à quelques reprises plus tard dans la soirée, sans que ça devienne trop pénalisant. Le son n’était apparemment pas assez fort chez certains.

À la manière d’une émission d’actualités sportives, les quatre humoristes ont animé un numéro un peu moins captivant que le précédent.

Il était intéressant de voir en direct les réactions de certains spectateurs (toujours les mêmes, a-t-il semblé). Dans une salle de spectacle, on doit se fier aux rires pour déceler l’efficacité d’un numéro. Ici, avec une certaine brutalité parfois, le public a laissé savoir lorsque ce qu’il voyait lui déplaisait. Ç’a parfois été le cas durant la présentation du quatuor sportif.

À l’inverse, les bons coups ont aussi été soulevés, et bien plus souvent. Kevin Raphaël et Danick Martino ont semblé être les deux joueurs les plus appréciés de la foule virtuelle durant la demi-heure de cette prestation.

PHOTO FOURNIE PAR LE FESTIVAL

Rosalie Vaillancourt et Jean-Sébastien Girard

Jean-Sébastien Girard au jardin

Nombre de personnes se sont dites étonnées de constater que les prestations n’étaient pas en direct. La possibilité de faire du montage a été essentielle pour le spectacle du quatuor sportif. La présentation de Jean-Sébastien Girard, elle, aurait très bien pu être en direct. L’animateur a reçu tour à tour Rosalie Vaillancourt, Jean-Thomas Jobin et Jean-François Mercier dans sa cour pour visionner leur premier Gala Juste pour rire (projeté sur le mur du voisin de Girard) et le commenter.

Un concept bien pensé et exécuté. S’il n’a plus du tout été question d’enchaîner les gags pour ce segment, Jean-Sébastien Girard a posé des questions pertinentes et les humoristes ont répondu avec sincérité.

Juste pour rire a misé avec ce festival sur des décors et une image de bonne qualité. Une performance qui n’est pas filmée avec un téléphone cellulaire prend tout de suite du cachet et l’aménagement du jardin de Jean-Sébastien Girard était particulièrement intéressant visuellement, tout comme les différentes prises de vues, qui ont donné un dynamisme que les précédentes prestations n’avaient pas. 

PHOTO FOURNIE PAR LE FESTIVAL

Le thriller des Grandes Crues

Le thriller des Grandes Crues

La présentation du duo Les Grandes Crues a semblé être celle qui a attiré le plus de monde. Plus de 2000 personnes étaient au poste lorsqu’a commencé la diffusion du film Qui a tué les Grandes Crues ?

Plutôt que cinq stand-up d’une heure, HAHAHA a donné aux humoristes la possibilité de présenter des concepts éclatés, difficilement possibles dans un contexte habituel de festival. Les Grandes Crues ont saisi l’occasion pour présenter un film de près d’une heure, dont les excellents dialogues ont été écrits par Antoine Desjardins-Cauchon.

Le thriller, pendant lequel on apprend que Marilyne Joncas et Ève Côté ont été assassinées, a été un succès. On a suivi deux mois du confinement des deux humoristes, qui discutaient tous les jours sur Zoom. On savait qu’après une soixantaine de jours, quelqu’un allait les tuer. L’amie d’Ève, Florence, le flirt de Maryline, Ben, et l’agent des deux filles, Serge, étaient les trois suspects et intervenaient ponctuellement.

Le suspense a duré jusqu’au bout, la chute était savoureuse et le concept a permis d’insérer toutes sortes de références au confinement, alors qu’on suivait celui du duo d’humoristes. Un autre très bon moment.

PHOTO FOURNIE PAR LE FESTIVAL

Mélanie Couture et Geneviève Gagnon

Les invités de Mélanie Couture et Geneviève Gagnon 

La soirée est passée rapidement. La diversité du contenu a permis de ne pas s’ennuyer, même si certaines performances ont été plus appréciées que d’autres (à en croire les commentaires du chat).

Le « talk-show » sexualité 2 filles le soir, animé par Mélanie Couture et Geneviève Gagnon, a été un moment… intéressant. Tout au long de la soirée, l’ancien maire de Montréal Denis Coderre commentait dans le chat et discutait avec les internautes. Surprise : il était l’invité de 2 filles le soir, tandis que l’humoriste Alex Perron se chargeait de poser les questions.

Ceux qui sont restés à l’écoute ont pu découvrir une toute nouvelle façade de Denis Coderre, qui s’est beaucoup dévoilé. Les personnalités des intervenants ont permis quelques moments cocasses, mais on était encore une fois loin de la performance humoristique. 

Qu’à cela ne tienne, la discussion était fluide, pertinente la plupart du temps et les commentaires ont été élogieux. 

Le FSTVL HAHAHA se poursuit jusqu’à dimanche.

> Consultez le site du festival