Dans l’offre abondante de spectacles d’humour, Rosalie Vaillancourt réussit à présenter un premier spectacle solo unique et rafraîchissant. Même si on ne rit pas à se taper sur les cuisses, on sourit fort, du début à la fin. On sourit bien fort.

Véronique Lauzon Véronique Lauzon
La Presse

Rosalie Vaillancourt a 27 ans, mais nous pourrions facilement croire qu’elle en a 17. Elle parle d’ailleurs des adultes comme si elle ne faisait pas partie de « cette gang-là », préférant développer des amitiés avec des enfants de 4 ou 5 ans. Et on la croit.

Le concept de son premier one-woman-show est sympathique, digne d’un film de Disney, comme elle le dit. Une sorcière lui jette un sort, et si elle ne veut pas être transformée en tas de merde, elle doit la convaincre qu’elle est « une bonne personne ». Chaque fois qu’elle réussira à la persuader, un pétale d’une immense fleur multicolore s’illuminera.

« Je suis certaine que je vais vous convaincre d’ici la fin de la soirée, parce que j’ai mis mon tampon porte-bonheur », lance l’humoriste.

L’humour frontal, Rosalie Vaillancourt en fait bien peu. Elle est plutôt du genre slinky, rebondissant là où on ne l’attend pas.

Je suis comme une piscine à Hochelaga, je n’ai pas de filtre.

Rosalie Vaillancourt dans Enfant roi

Mais sous sa dégaine d’adolescente, l’humoriste n’en rate pas une pour parler de sexualité, un de ses sujets de prédilection. Munie de son sourire intelligent, elle dira par exemple que son ancien amoureux globe-trotter voulait un peu trop visiter « la sodomie ».

PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE

L’irrévérence est l’une des grandes forces de Rosalie Vaillancourt.

Tout au long de ce premier spectacle solo, il est particulièrement agréable de voir la nonchalance rencontrer l’irrévérence. Une de ses grandes forces.

Alors que la majorité des humoristes choisissent de faire du stand-up avec un décor dépouillé, la jeune humoriste mise sur autre chose. Dans Enfant roi, il y a un décor imposant, des vidéos et photos sur grand écran, et elle interprète même deux chansons. Des éléments qui ajoutent beaucoup à l’expérience et qui rendent ce spectacle bien différent de ceux de ses confrères et consœurs.

La mise en scène de Pierre-François Legendre (Les Denis Drolet, Michel Barrette) est d’ailleurs extrêmement efficace. Grâce aux aspects visuels, et surtout à la gestuelle de Vaillancourt, le metteur en scène a enrichi les numéros.

Quelques décrochages

Sauf que même si le talent de l’humoriste est évident, nous ne rions pas à gorge déployée dans ce premier spectacle solo. À un moment, elle nous a même lancé : « Je pense que j’ai plus de fun que vous. » Effectivement, les rires n’étaient pas stridents. On sourit beaucoup plus qu’on rit.

Pour améliorer le rythme et éviter les longueurs, elle devrait diminuer le nombre de fois où elle sort de son texte pour nous parler… de son texte. Elle va par exemple nous dire qu’elle ne fera plus telle ou telle blague, parce qu’elle ne l’assume pas. Ou elle nous informera d’une autre blague qu’elle trouve toujours drôle et qu’elle est incapable de livrer sans rire. Des décrochages qui ne sont pas nécessaires et qui ne nous permettent pas de suivre parfaitement son fil conducteur.

Rosalie Vaillancourt reste une humoriste absolument attachante et unique. Lorsque, dans sa chanson Je veux vivre, elle nous dit qu’elle espère lire des critiques de son spectacle qui mentionnent que son « humour est intelligent », nous pouvons lui tendre cette immense fleur multicolore : Rosalie, vous avez effectivement un humour intelligent. Et ce, même si vous avez dit 28 fois le mot « pénis ».

Rosalie Vaillancourt présente Enfant roi un peu partout au Québec. 

Consultez les dates du spectacle : http://rosalievaillancourt.com/