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Guillaume Wagner au Théâtre St-Denis: rafraîchissant et salé

Guillaume Wagner... (Photo: Olivier Pontbriand, La Presse)

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Guillaume Wagner

Photo: Olivier Pontbriand, La Presse

Vague rafraîchissante et franchement salée, Guillaume Wagner est le nouveau grain de sable de l'humour québécois. Après Mike Ward, Guy Nantel et Jean-François Mercier dans des registres différents, voilà un humoriste qui n'a pas peur de faire grincer la machine bien huilée de notre grande famille provinciale.

Son premier one man show, Cinglant, dont c'était la première montréalaise ce mercredi soir au Théâtre St-Denis, n'est définitivement pas un spectacle pour les ronronnants.

Vêtu d'une veste et de bottes de cuir, l'humoriste de 29 ans a averti le public dès le début. «Ce que vous allez voir est le même show que d'habitude sauf qu'on ajoute du jugement!» Ça fesse donc en entrant et pendant deux heures, le Québec kétaine, coincé, conformiste, cynique, individualiste, arriviste ou superficiel s'est fait dire ses quatre vérités. Pas de place à ce qui va bien chez nous, ce n'est pas au programme.

Exemple, son collègue Martin Matte: «Il a le droit de se vendre à de grosses compagnies et moi j'ai le droit de trouver ça dégueulasse.» Oumpff.

Après quelques autres réglements de compte bien acidulés, Guillaume Wagner, arrogant à souhait, parle du couple homme-femme, de nos fantasmes, des femmes insécures qui font des drames pour rien (sans méchanceté toutefois: on sent qu'il est prêt à pardonner leurs défauts!), des misogynes et des gens qui, encore en 2012 au Québec, s'insultent en se traitant de tapette...

Il parle de notre supercialité, des peurs, du côté gaga des gens avec les animaux domestiques, des «nouvelles télévisées qui nous prennent pour des enfants de 4 ans», des émissions débilitantes du style Occupation double. «Ils essaient de nous rentrer ça dans la gorge.»

Il plante les Mrs et Madames Muscle des salles de gym. Gros rires dans la salle. «Merci Montréal, elle marche moins à Laval celle-la!»

Individualisme des réseaux sociaux, technologie qui nous isole, conflit étudiant qui transforme le négatif en positif. «Collectivement, on a de la puissance», dira-t-il plus tard, après avoir dit qu'au Québec, «on a une fierté de sentiment d'infériorité» et qu'«on vit dans une société basée sur le mensonge», une affirmation soutenue par bien peu d'arguments.

Autre aspect de son style, des mots crus pour dénoncer un sytème qu'il trouve vulgaire. «On n'a plus de rituels collectifs depuis la perte de la religion. Au Boxing Day, l'an dernier, je me sentais dans l'anus du capitalisme un jour de diarrhée.»

Pas toujours drôle ou subtil Guillaume Wagner (la blague sur le cynisme a fait chou blanc), mais le plus souvent il est fort à propos. Il met le doigt pour ne pas dire toute la main sur nos bobos et dans la fourmillère.

Son humour est cinglant et désagréable comme une journée de témoignages à la commission Charbonneau. Sans le découragement ou la honte. Car c'est de la vitamine ce Wagner, une grosse vague frette et salée pour animer voire réveiller nos consciences.

Très très bienvenu et très apprécié du public assez jeune. L'ovation finale était énorme. Un ressac mérité.

***

Cinglant, de Guillaume Wagner

Complet jeudi soir

Supplémentaires les 15 et 16 mars




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