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Six enjeux de gouvernance pour les dirigeants de PME

Michel Nadeau, directeur général de l'Institut sur la... (Photo Olivier PontBriand, Archives La Presse)

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Michel Nadeau, directeur général de l'Institut sur la gouvernance d'organisations privées et publiques

Photo Olivier PontBriand, Archives La Presse

Jean Gagnon

Collaboration spéciale

La Presse

Il n'y a pas que chez Bombardier que la gouvernance est un sujet d'actualité. Les PME aussi font face à de nombreuses questions. Doivent-elles craindre une trop grande ingérence dans leurs affaires en invitant chez eux des administrateurs indépendants, ou doivent-elles plutôt profiter de cette occasion pour faire évoluer leur entreprise dans la bonne direction ? Deux experts font le point sur les principaux enjeux.

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Paul Juneau, président de Devgest, société de consultants auprès d'entrepreneurs

Photo David Boily, La Presse

LA NÉCESSITÉ DE S'ENTOURER

Chez les PME de 50 employés et moins, il faut éveiller les dirigeants à la nécessité de s'entourer de gens indépendants pour les aider à mener à bien leur entreprise, explique Michel Nadeau, directeur général de l'Institut sur la gouvernance d'organisations privées et publiques (IGOPP). « Chez les entreprises de cette taille, on retrouve très peu de conseils d'administration ou de comités consultatifs », dit-il. Une trop grande proportion des propriétaires d'entreprise ne croient pas à l'opportunité de s'adjoindre des ressources extérieures, selon lui. « Pourtant, il s'agit d'une étape essentielle, dans l'optique où l'entreprise voudra un jour accueillir un investisseur institutionnel comme la Caisse de dépôt et placement ou le Fonds de solidarité FTQ », dit-il.

CONSEIL D'ADMINISTRATION FAMILIAL

Bon nombre de PME qui se dotent d'un conseil d'administration le font en y invitant des membres de la famille. Trop souvent, ceux-ci ne sont là que pour être informés des développements et des résultats de l'entreprise, non pour participer au processus de prise de décisions, explique Paul Juneau, président de Devgest, société de consultants auprès d'entrepreneurs. « Ces dirigeants d'entreprise devraient plutôt se tourner vers des administrateurs indépendants », dit-il. « Les conseils d'administration sont là pour créer de la valeur. Il faut donc recruter le bon monde », ajoute-t-il.

FAIRE LES BONS CHOIX

C'est d'abord en dressant le profil de gens qui répondront aux besoins de l'entreprise que l'on pourra recruter les bonnes personnes, explique Paul Juneau. Si une entreprise compte développer des marchés d'exportation pour ses produits, elle devra se tourner vers des gens dont l'expérience d'affaires comporte cet aspect. « Une fois le profil établi, l'étape suivante consistera à remonter son réseau d'affaires, afin de trouver l'administrateur qui possède les compétences nécessaires », dit-il. Par exemple, des candidats à des postes d'administrateurs qui possèdent de bonnes connaissances dans les secteurs scientifiques ne seront pas nécessairement très utiles si les besoins en expertise de l'entreprise font plutôt appel à la compétence en matière financière.

LE PRÉSIDENT DU C.A.

La théorie veut que le président du conseil d'administration ne doive pas être l'actionnaire principal d'une entreprise. Or, il est difficile d'appliquer cette théorie à la PME dirigée par son fondateur, qui, bien souvent, en est le propriétaire unique. Ce qui peut être fait dans ce genre de situation, c'est que le propriétaire de l'entreprise demeure le président du C.A., mais que lors de discussions sur des projets d'importance pour le développement de l'entreprise, il nomme un administrateur qui va diriger le débat sur ces questions. « Cela permet d'élargir la discussion et d'augmenter les chances d'en arriver à la bonne décision », dit Paul Juneau.

C.A. OU COMITÉ CONSULTATIF

Compte tenu du caractère souverain d'un conseil d'administration, il est souvent préférable pour une PME ou une entreprise en démarrage de se doter plutôt d'un comité consultatif, qu'on appelle parfois aussi « comité aviseur ». « C'est beaucoup plus facile à mettre en place et cela aura comme avantage de créer un incitatif aux propriétaires de l'entreprise à écouter les gens autour d'eux », dit Paul Juneau. Généralement, ces comités fonctionnent bien, car il existe toujours le risque pour l'entreprise que les gens quittent le navire si on ne les écoute pas, indique-t-il. De plus, cette structure apparaît moins menaçante pour le ou les propriétaires de l'entreprise.

PARTICIPATION ET RÉMUNÉRATION

Les gens d'affaires ont généralement une tendance naturelle à s'entraider, ce qui crée la possibilité pour la jeune entreprise de se faire assister par des gens compétents. Les membres du conseil d'administration ou du comité consultatif d'une PME ne doivent pas être trop nombreux, indique Michel Nadeau. « Pas plus de trois personnes dont on sollicitera la présence environ une fois tous les deux mois », dit-il. La rémunération peut être un jeton de présence d'une valeur de 500 à 1000 $. « Et ce n'est pas cher, compte tenu du temps que ces gens doivent y consacrer et des bénéfices que peut en retirer l'entreprise », ajoute Paul Juneau.




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