Pour certains, c'est un investissement relativement sûr et une façon de se libérer du patron. Mais pour d'autres, l'aventure du franchisé est plus complexe et même parsemée d'obstacles. Preuve que l'achat d'une franchise n'est pas toujours simple pour son futur propriétaire.

Mis à jour le 14 janv. 2013
Jean-François Villeneuve LA PRESSE

Avant de débourser des sommes importantes pour louer un nom d'entreprise, l'acheteur potentiel doit se demander s'il croit être en mesure d'investir dans une aventure où il ne sera pas maître à bord. «C'est comme construire une maison sur un terrain qui ne nous appartient pas», explique l'avocat Luc Audet, d'Audet&Associés, firme spécialisée dans le domaine de la franchise. «Une fois qu'on a compris et accepté ce principe, on peut aller plus loin dans les démarches.»

Pour Me Audet, la franchise n'est pas synonyme de réussite assurée. Certains franchiseurs représentent plus de risques que d'autres. «Après vérifications, une lumière rouge pourrait s'allumer. On voit des franchises qui ouvrent et qui ferment souvent, des feux de paille. Il y a beaucoup de start-ups qui existent pour de mauvaises raisons et il faut trouver les bonnes.»

Forces et faiblesses

Propriétaire depuis 18 ans d'une boutique de la bannière Chaussures Pop, Guy Fortin file pour sa part le parfait bonheur. Le soutien fourni par son franchiseur a été nécessaire pour l'essor de son commerce. «Quand on lance une franchise, les obstacles sont moindres puisque l'entreprise sait où elle s'en va.»

Selon lui, son commerce n'aurait jamais pu être aussi rentable sans la présence d'un franchiseur pour l'aider dans sa gestion. «On a tous des forces et des faiblesses. Dans mon cas, ce qui est plus difficile, ce sont les achats et le franchiseur s'en occupe.» Ce partage des tâches lui donne plus de temps pour s'occuper de ses clients, sa priorité. «Il faut avoir les deux pieds dans le magasin, il faut investir beaucoup de temps pour réussir», souligne-t-il. En jouissant d'une excellente relation avec la société mère, il a obtenu du succès, puisque du petit local de 1800 pi2 qu'il occupait au début, il loge maintenant dans un grand espace de 8000 pi2.

Jacques Desforges, éditeur du magazine Québec-Franchise, voit d'ailleurs ces petites bannières arriver à grands pas. Selon lui, l'offre de services pour les baby-boomers explosera. «Au Québec, ce domaine a été sous-exploité et il y a beaucoup de place sur le marché.» Il suggère lui aussi de bien faire ses devoirs pour s'assurer de trouver le franchiseur qui répondra le mieux aux besoins de l'acheteur potentiel.

«La franchise est toujours à l'avantage du franchiseur. Il touche des ristournes, même si le franchisé enregistre des pertes», explique une courtière spécialisée dans la vente, l'achat et les transferts de franchises et qui préfère conserver l'anonymat. «Les redevances sont sur les ventes et pas sur les profits. C'est une nuance importante à laquelle on ne pense pas toujours.» Elle affirme aussi avoir constaté que certaines entreprises jouent avec le pourcentage des droits d'exploitation demandés, selon les franchisés avec qui elles s'associent. Des frais qui peuvent varier de 2% à 6%. «Et si on est en défaut de paiement, on peut tout perdre.»

CINQ CONSEILS POUR CHOISIR LA BONNE FRANCHISE

- Comprendre qu'il s'agit d'un contrat temporaire et que le franchiseur reste propriétaire de la bannière.

- Accepter qu'il n'y ait pas autant de liberté que pour une entreprise indépendante.

- Se renseigner sur la notoriété et les antécédents du franchiseur.

- S'assurer que les contrats incluent l'achat de l'équipement et une protection territoriale.

- Rencontrer des franchisés de la bannière convoitée pour discuter des relations avec le franchiseur et des opérations au quotidien.

Sources: Me Luc Audet, d'Audet&Associés, et Jacques Desforges, de Québec-Franchise