La valeur d'un hectare de terre agricole dans la MRC de Mirabel s'élevait à 8616$ en 2009. Deux ans plus tard, le prix moyen transigé avait connu une hausse de 51%. Portrait de la région des Laurentides, riche de sols arables.

Josianne Haspeck, collaboration spéciale LA PRESSE

«L'étalement urbain, le développement résidentiel, la rareté des terres agricoles de la couronne montréalaise ont un impact sur leur prix. L'agriculture du loisir, ces jeunes retraités qui acquièrent une parcelle de terre, fait augmenter la demande, ce qui peut exercer une flambée du prix des terres», signale Kevin Bilodeau, porte-parole de l'Union des producteurs agricoles (UPA) Outaouais-Laurentides.

Selon le récent rapport de Financement agricole Canada (FAC), la valeur moyenne des terres agricoles du Québec a explosé de 19,4% durant le deuxième semestre de 2012. En plus d'être la hausse moyenne provinciale la plus élevée du Canada, elle a été plus significative encore au sud de Saint-Jérôme, en raison des terres propices à la culture du maïs et du soya. Cette situation n'aide en rien la relève qui éprouve déjà de la difficulté à trouver le capital nécessaire à l'acquisition d'une terre, surtout lorsqu'elle n'est pas fils ou fille d'agriculteur.

Le tiers des jeunes producteurs préfère lancer une nouvelle entreprise plutôt que d'acquérir une exploitation existante, selon les données du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ). François Handfield est de ce nombre avec sa ferme biologique Aux petits oignons.

«Le succès de mon entreprise repose sur la vente directe aux consommateurs dans les marchés publics et sur l'offre de paniers de légumes frais du programme Fermiers de famille. Il y a neuf ans, nous avons commencé avec cinq paniers par semaine. Aujourd'hui, ce sont plus de 300 paniers, ce qui représente la moitié de notre chiffre d'affaires, soit environ 175 000$», mentionne-t-il.

Un métier de famille

Encore aujourd'hui, 53% des jeunes fermiers ont recours au transfert familial. De moyen de subsistance, l'agriculture s'est modernisée tout en demeurant de dimension familiale. Le produit intérieur brut agricole de la région a presque doublé depuis 1996. Avec ses 2,2 millions d'hectares, les Laurentides consacre 9% de son territoire à l'agriculture. Seulement les deux tiers sont cultivés, ce qui pourrait changer.

Le MAPAQ estime que «la moitié du potentiel acéricole à développer au Québec se trouve dans les Laurentides». Il s'agit de 359 000 entailles offertes dans des lots intramunicipaux. Ces érablières inexploitées représentent l'équivalent de 75 000 gallons de sirop d'érable, selon la conseillère technique au Club acéricole des Pays-d'en-Haut, Andrée Gagnon.

«Ce secret bien gardé s'explique par notre historique de production liée à l'industrie forestière. Le secteur n'est pas reconnu comme une région acéricole au même titre que la Beauce. Cette production est perçue comme artisanale», estime-t-elle.

Battre au rythme de l'agrotourisme

La proximité du marché métropolitain a contribué à augmenter l'intérêt pour la centaine d'exploitations agrotouristiques, occasionnant des revenus de plus de 6 millions et attirant plus de 1 million de visiteurs annuellement.

Les Laurentides arrivent deuxièmes au Québec pour ce qui est du nombre d'entreprises actives dans ce domaine. La création en 2010 d'une route balisée de 226 km, le Chemin du terroir, découle des fermes à valeur ajoutée nées ces dernières années.