Avec la construction de son nouveau centre de refonte, Shawinigan Aluminium élargit ses activités de transformation en se lançant dans le secteur du recyclage des rebuts de métaux de ses clients. Ceux-ci baisseront leur empreinte carbone en réutilisant leurs propres résidus.

Maude Goyer
Maude Goyer Collaboration spéciale

« C’est ce qu’on appelle du recyclage en boucle fermée, dit Julien Houde-Lord, directeur financier et commercial de Shawinigan Aluminium, puisqu’on récupère les rebuts de nos clients pour les refondre et créer de nouvelles billettes d’aluminium qu’on livrera… pour en reprendre ensuite les rebuts. »

Avec ce nouveau projet de 10 millions de dollars, dont la moitié est financée par Ottawa et Québec, Shawinigan Aluminium sécurise son volume d’approvisionnement (la production totalise 55 000 tonnes de billettes annuellement) et s’assure du même coup de la qualité des alliages qui entrent dans la transformation de l’aluminium.

D’un point de vue écologique, l’occasion est belle : les entreprises doivent baisser leur empreinte carbone si elles veulent demeurer dans les bonnes grâces des multinationales qui doivent tendre vers la carboneutralité.

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Julien Houde-Lord, directeur financier et commercial de Shawinigan Aluminium

Il ne faut pas manquer le bateau ! Les technologies qu’on utilise dans nos nouvelles installations produisent moins de gaz à effet de serre : pour 1 tonne de matériel recyclé, on produit 0,4 tonne de CO2 en incluant toutes les étapes. Or, si on regarde la moyenne mondiale, pour fabriquer une tonne d’aluminium, c’est entre 3 et 12 tonnes de CO2.

Julien Houde-Lord, directeur financier et commercial de Shawinigan Aluminium

Le début de ces nouvelles activités ne vient pas sans défi. Entre autres, les rebuts d’aluminium arrivent dans toutes sortes de dimensions et d’alliages, et sont de toutes les provenances. « Il faut être capable de bien monitorer, en temps réel, ce que l’on reçoit et de bien synchroniser avec la production, pour que ce soit compatible et qu’on optimise nos opérations », explique Julien Houde-Lord.

Il rappelle également que la forte croissance de la demande est un défi pour l’entreprise : elle doit s’approvisionner en ingrédients qui entrent dans la composition de l’alliage, comme le magnésium et le silicium, afin de soutenir cette demande. « Ces deux ingrédients deviennent plus rares et donc plus chers, note M. Houde-Lord, entre autres parce qu’ils viennent de Chine, où il y a un boom de leur propre marché ainsi qu’un contexte géopolitique particulier en ce moment. »

Les billettes de Shawinigan Aluminium, d’une longueur de 305 à 5500 mm, sont principalement utilisées dans le marché des cylindres sous pression, par exemple pour l’équipement médical ou de plongée. Il s’agit d’un marché de niche pour l’entreprise de la Mauricie. « Nous sommes spécialisés dans la production de petites billettes, de petit diamètre. C’est notre marché principal », dit M. Houde-Lord.

Rappelons que 15 personnes ont été embauchées dans le cadre du nouveau projet de recyclage d’aluminium de l’entreprise. En tout, 108 personnes sont employées par l’entreprise fondée en 2014 par un consortium québécois lorsque Rio Tinto a cessé ses activités dans la région.