Pendant son premier cours au MBA, Tan Hao Tran gardait son cellulaire ouvert sur son bureau. Sa femme, Monica Chanthamynavong, était sur le point d’accoucher. Gestionnaire dans le réseau de la santé, il a été, comme sa conjointe assistante infirmière-chef de nuit, bien occupé avec la COVID-19 depuis mars 2020. Et malgré une promotion, il a continué son MBA à temps partiel et prévoit le terminer le printemps prochain.

Martine Letarte
Martine Letarte Collaboration spéciale

« J’ai développé un très bon réseau », affirme d’emblée Tan Hao Tran en tentant d’expliquer pourquoi il n’a jamais lâché. Il pense à l’équipe solide et diversifiée avec qui il réalise tous ses travaux pendant son MBA en conseil en management à l’École des sciences de la gestion (ESG) de l’Université du Québec à Montréal (UQAM).

« Pour me motiver dès le début, je me suis inscrit au programme avec ma collègue Marie-Noëlle Godin, précise-t-il. Nous avions le sentiment d’avoir atteint un plafond parce qu’il fallait une maîtrise pour continuer à progresser dans nos carrières. »

Environ un an et demi après, alors que la pandémie éclatait, son employeur lui donnait une promotion en le nommant gestionnaire intermédiaire.

Dans mon MBA, j’ai pu développer ma propre méthodologie pour gérer mon équipe. J’ai appris aussi à développer du courage managérial, ce qui est essentiel dans le réseau de la santé.

Tan Hao Tran, gestionnaire dans le réseau de la santé

Un horaire réglé au quart de tour

Avec un enfant de deux ans et demi maintenant, tout cela ne serait pas possible s’il ne formait pas une équipe du tonnerre avec sa femme. « Elle me soutient beaucoup », précise l’homme de 41 ans.

Le petit fait sa nuit avec papa et lorsque maman revient du travail à 8 h 30, elle va le conduire à la garderie. C’est papa qui va le chercher après sa journée de travail. Les soirs et les fins de semaine, Tan Hao Tran fait aussi quelques contrats en consultation, en informatique. Et il travaille sur son MBA... souvent la nuit.

« Je ne dors pas beaucoup, précise-t-il. Ce que j’ai coupé le plus, c’est le temps avec mes amis. Il y en a que je n’ai pas vu depuis le début de mon MBA, il y a trois ans ! »

Tan Hao Tran a pensé prendre une pause d’études, mais finalement, il a seulement réduit la cadence à un cours par session avant que son fils ait 1 an. « Johanne Benoît [agente de gestion des études] à l’ESG UQAM est un peu comme une maman pour les étudiants au MBA : elle vérifie toujours que ça va. »

Continuer à progresser

Le MBA, particulièrement l’atelier de formation à l’animation et à l’observation dans les groupes de travail, l’a aussi amené à travailler sur lui. « J’ai plus d’ouverture maintenant à penser à ma santé mentale et à en parler. Ces apprentissages me servent au travail et dans ma vie personnelle. »

Mais Tan Hao Tran continue d’être ambitieux et vise maintenant un poste de cadre supérieur. « Je pense que ce niveau de responsabilité me permettra de prendre encore plus soin de mon équipe. »

Puis, il souhaite obtenir son titre de conseiller en management certifié (CMC), qu’il peut aller chercher en accéléré une fois son MBA en conseil en management en poche.

« Ensuite, je pourrai me concentrer sur ma petite famille et, peut-être, faire un deuxième bébé tout en continuant à investir des efforts dans ma carrière. »