Si certains programmes de MBA misent sur un retour complètement en classe pour favoriser les échanges, d’autres souhaitent continuer à profiter des avantages de l’enseignement virtuel testé pendant la pandémie. Tour d’horizon.

Martine Letarte
Martine Letarte Collaboration spéciale

« Avant la pandémie, nous présumions que toute activité du MBA devait se faire en personne, alors que maintenant, le mode virtuel est une option si de bonnes raisons pédagogiques le motivent », indique John-Paul Ferguson, directeur du programme de MBA à l’Université McGill.

L’enseignement du MBA est tout de même revenu complètement en classe à McGill cet automne, à l’exception des quatre premières semaines pour accommoder les étudiants étrangers qui ont de la difficulté à obtenir leur visa en raison des « longs délais du gouvernement canadien ».

Pour sa part, l’EMBA McGill-HEC Montréal est tellement axé sur le partage d’expériences en classe qu’il avait obtenu une dérogation pour continuer d’être offert majoritairement en présentiel pendant la pandémie. Tout le programme reprend maintenant en classe, ce qui n’empêche pas que certaines activités complémentaires, comme les conférences de dirigeants d’entreprise, puissent rester en ligne. « Nous avons réussi à avoir des gens que nous n’aurions pas eus en personne », affirme Alain Pinsonneault, codirecteur, EMBA McGill-HEC Montréal.

Temps plein versus partiel

À HEC Montréal, Kevin Johnson, directeur des programmes de MBA, est aussi heureux du retour complètement en présentiel pour les étudiants à temps plein.

Lorsqu’on a un MBA parmi les plus prestigieux dans le monde, ce n’est pas seulement en raison des cours, mais de toute l’expérience vécue.

Kevin Johnson, directeur des programmes de MBA à HEC Montréal

Pour le programme à temps partiel, dont les demandes d’admission ont bondi l’an dernier, la formule hybride a toutefois été retenue pour faciliter la conciliation travail-vie personnelle. Les cours du samedi sont en classe et ceux du soir sont en ligne, avec locaux disponibles sur le campus pour les étudiants qui préfèrent être sur place. Lorsque le MBA déménagera au centre-ville l’an prochain, le temps partiel sera offert en modes présentiel et hybride.

L’Université de Sherbrooke propose aussi certains cours en ligne pour son programme à temps partiel à Longueuil. « Les cours de fiscalité et de comptabilité, notamment, se prêtent bien à l’enseignement en ligne et on a développé une expertise pour le faire », indique Yves Trudel, directeur des programmes de MBA.

Par contre, les cours qui demandent de l’interaction, en gestion des ressources humaines notamment, sont donnés en présentiel. Le MBA à temps plein à Sherbrooke se donne pour sa part 100 % en classe.

Le MBA de l’Université Concordia, où les étudiants peuvent se promener entre le temps plein et le temps partiel, combine des volets en ligne et en personne. « Nous essayons de trouver un équilibre pour répondre aux besoins des étudiants qui ont envie de revenir en classe et ceux qui sont préoccupés par les questions de santé et de sécurité », affirme Li Yao, directeur du MBA.

À l’École des sciences de la gestion de l’Université du Québec à Montréal, la priorité est de revenir en classe pour permettre les échanges entre les participants.

Je pense que l’enseignement comodal s’imposera lorsque certaines personnes ne peuvent se rendre en classe, mais à condition de faire des investissements importants pour offrir à ces gens la même expérience qu’à ceux qui font le cours en présentiel.

Kamal Bouzinab, directeur du MBA pour cadres à l’École des sciences de la gestion de l’Université du Québec à Montréal

L’exception de Québec

À l’Université Laval, des cours et des MBA complets sont offerts à distance depuis longtemps grâce à un fonds dans lequel les étudiants investissent pour améliorer l’environnement pédagogique. Caméras, télésouffleurs, équipe technopédagogique pour soutenir les enseignants : tout y était déjà.

« Mais je pense que la pandémie a permis à ceux qui venaient toujours en présentiel d’essayer nos différents modes à distance et que plusieurs ont trouvé une solution qui répondait à leurs besoins », affirme Margaret Schomaker, vice-doyenne à la faculté des sciences de l’administration de l’Université Laval.

Les étudiants continuent donc de choisir la formule qui leur convient. Par rapport à la même période l’année d’avant, le nombre d’étudiants au MBA à l’Université Laval a bondi de 72 % à l’été 2020, de 22 % à l’automne 2020 et de 38 % à l’hiver 2021.