Plus de 10 000 appels en rapport avec la COVID-19. Près de 1 milliard de dollars d’aide financière d’urgence accordée par l’entremise de plus de 1200 interventions autorisées grâce au Programme d’action concertée temporaire pour les entreprises (PACTE). Sylvie Pinsonnault, première vice-présidente, stratégies et solutions d’affaires, chez Investissement Québec, peut certainement affirmer qu’elle a, avec son équipe et ses collègues, eu un impact sur la vie de nombreux entrepreneurs.

Martine Letarte
Martine Letarte Collaboration spéciale

« Notre centre d’appels est passé de 1 à 75 employés en trois jours, donc nous avons dû les former rapidement et en continu, parce que chaque matin, il fallait nous ajuster avec le PACTE, qui était toujours en évolution, et ensuite, il fallait s’assurer que le suivi se fasse sur le terrain dans nos différents bureaux au Québec », explique celle qui a obtenu un MBA en International Business & Export Management de la City University Business School de Londres.

Si l’aspect financier était important, il n’était pas le seul.

Nos gens devaient être en mode écoute, parce que les dirigeants d’entreprise avaient un grand besoin d’être entendus, de sentir de l’empathie, du réconfort. Puis, il fallait être en mode solutions, parce que les entreprises avaient besoin de liquidités pour passer à travers la crise.

Sylvie Pinsonnault, première vice-présidente, stratégies et solutions d’affaires, chez Investissement Québec

En même temps, Investissement Québec devait, comme toutes les organisations, s’assurer d’abord de la sécurité de ses employés. « Il a fallu se virer de bord très rapidement », raconte Sylvie Pinsonnault.

Regarder vers l’avenir

Investissement Québec devait aussi regarder vers l’avenir pour planifier la relance. Alors que la planification stratégique 2020-2023 était presque prête, elle a été finalisée une fois que le PACTE était opérationnel. Il fallait s’assurer que son contenu était toujours pertinent. Avec de grandes orientations axées sur l’amélioration de la compétitivité des entreprises, l’accroissement des exportations et la diversification des marchés, l’attraction d’investissements et de talents étrangers, l’amélioration de la chaîne des capitaux et l’évolution d’Investissement Québec, Sylvie Pinsonnault a évalué que la planification stratégique prévue était encore plus pertinente dans le contexte de la COVID-19.

« Nous agissons de différentes façons sur le marché et nous donnons aux entreprises accès à plus de financement et de leviers grâce à la fusion d’Investissement Québec avec le Centre de recherche industrielle du Québec [CRIQ], Export Québec et certaines activités de services-conseils, précise-t-elle. Nous avons réussi à intégrer de nouveaux talents et de nouveaux leviers en pleine pandémie : c’était un travail colossal. »

Les efforts se poursuivent. Investissement Québec encourage les entreprises à investir dans les technologies pour améliorer leur compétitivité grâce à l’initiative Productivité Innovation, qui souhaite accorder près de 2,5 milliards de dollars en financement jusqu’en 2024.

Compétivert

Investissement Québec a aussi lancé Compétivert, pour faciliter le virage vert. « Il ne faut plus opposer rentabilité et écoresponsabilité, affirme Mme Pinsonnault. De plus en plus de critères de sélection dans les appels d’offres concernent les pratiques écoresponsables, donc les entreprises qui ne prennent pas le virage en seront exclues d’emblée. De plus, elles risquent de perdre leurs employés parce qu’ils voudront travailler dans une entreprise plus verte. »

En plus de mettre de l’avant des entreprises qui ont réalisé le virage avec succès, Compétivert a une enveloppe de 375 millions sur trois ans pour aider les entreprises à adopter des technologies plus écologiques.

« Nous sommes très optimistes, indique Sylvie Pinsonnault, parce que la grande majorité des appels qu’Investissement Québec reçoit maintenant sont liés à des projets de croissance. »