Les experts sont unanimes : le 5 à 7 virtuel a fait son temps après plus d’un an de télétravail. Pour motiver leurs troupes et créer des interactions sociales, les gestionnaires doivent revoir leurs façons de faire et être de plus en plus innovants. Voici cinq conseils pour mobiliser ses employés à distance après un an de pandémie.

Martine Letarte
Martine Letarte Collaboration spéciale

Recentrer son équipe sur sa mission et ses valeurs

Alors que les gestionnaires ont perdu certains outils de contrôle, comme voir leurs employés arriver au bureau tous les matins, ils doivent recentrer leur équipe sur la mission et les valeurs de l’organisation. C’est l’avis de Didier Dubois, spécialiste en marketing RH et en solutions RH numériques à la tête de HRM Groupe. « Plusieurs gestionnaires se contentaient d’avoir la mission et les valeurs de l’organisation affichées sur le mur, mais ils doivent maintenant en discuter avec leurs employés, affirme-t-il. Ensuite, ils savent que tant qu’ils respectent cette direction, ils ont la latitude nécessaire pour utiliser au maximum leur potentiel pour contribuer au projet. »

Adapter son accompagnement aux besoins de chacun

Pour savoir comment chaque membre de l’équipe peut utiliser son plein potentiel pour apporter sa contribution, le gestionnaire doit bien les connaître et savoir adapter son accompagnement à chacun, d’après Didier Dubois. « Pour y arriver à distance, il faut prévoir des rencontres individuelles courtes, mais fréquentes, conseille-t-il. Il faut prendre le temps de demander à son employé comment il va, lui demander s’il vit des difficultés dans ses projets et voir comment on peut l’aider. C’est mobilisant parce que les employés savent où ils s’en vont et ils peuvent se réajuster rapidement au besoin. »

PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE

Didier Dubois, spécialiste en marketing RH et en solutions RH numériques à la tête de HRM Groupe

Donner une flexibilité d’horaire avec des balises

Plusieurs employés se sont réjouis d’avoir enfin une flexibilité d’horaire, mais ils sont nombreux à finir par travailler plus. « Le cas classique est un employé qui prend 30 minutes une fois les enfants couchés pour terminer une tâche, puis qui se retrouve toujours devant son écran deux heures plus tard, illustre M. Dubois. Tant qu’à y être, il enverra une question à un collègue, qui sentira la pression d’y répondre. Les gestionnaires doivent ramener la flexibilité d’horaire dans un cadre et obliger leurs employés à prendre des pauses. Certains vont même empêcher les communications à certains moments de la journée. »

Préparer avec soin l’annonce de nouvelles règles

La manière dont un gestionnaire présente l’arrivée de nouvelles règles influencera aussi comment les employés y adhéreront, d’après Jacques Forest, professeur à l’École des sciences de la gestion de l’UQAM (ESG UQAM), spécialisé en motivation au travail. « Il faut reconnaître la perspective, par exemple en disant qu’on est conscient que la nouvelle règle peut être contraignante. Puis, il faut expliquer rationnellement pourquoi elle est importante. Puis, si c’est possible, il faut donner des choix à l’intérieur des limites à respecter. Par exemple, dire aux employés qu’ils devront revenir au bureau deux jours par semaine, mais qu’ils pourront choisir leurs journées. »

Organiser des activités sociales

Si les 15 minutes de gloire des 5 à 7 virtuels sont révolues, certaines activités en ligne peuvent aider à tisser des liens. « Les soirées Meurtre et mystère fonctionnent bien, tout comme les jeux d’évasion dans lesquels les membres d’une équipe résolvent des énigmes », affirme Didier Dubois. Le mentorat peut aussi favoriser la création de liens sociaux. « Si un employé a de la difficulté avec un nouvel outil, plutôt que de lui faire écouter un tutoriel, on peut demander à un employé qui le maîtrise bien de faire du mentorat, et c’est certain qu’ils en profiteront aussi pour parler de choses extérieures au travail », ajoute-t-il.