Actuellement, 13 % de l’ensemble des membres de l’Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ) ont été formés à l’extérieur de la province, soit 8850 personnes. Le taux de chômage chez ces professionnels formés à l’étranger est environ le double du taux de chômage observé chez les membres qui ont été formés au Québec, selon l’OIQ. Pour la présidente de l’Ordre, Kathy Baig, il reste encore beaucoup de travail à faire pour favoriser la diversité dans le domaine. Survol.

Sandra Sirois
Collaboration spéciale

Le sexisme et le racisme sont encore présents dans le domaine du génie québécois en 2021. Kathy Baig, qui est fille d’un père immigrant d’origine pakistanaise, en témoigne. « Lorsque j’avais à faire des entrevues pour engager des directeurs qui allaient relever de moi, c’est arrivé à plusieurs reprises que les candidats soient incapables de me regarder dans les yeux. On parle ici d’entretiens de plus de 30 minutes. C’était troublant. On a dû même changer ma position pour favoriser les échanges. Malgré tout, plusieurs candidats glissaient leurs yeux vers la table et mes collègues masculins, mais pas moi. » Selon elle, plusieurs personnes sont victimes de discrimination à cause de leur sexe ou de leurs origines, mais la situation tend à s’améliorer.

Dans ce contexte, l’équipe de Génium360, qui offre différents services aux ingénieurs de la province, a décidé de mettre les ingénieurs de la diversité en lumière. « À travers notre blogue, on tente de mettre en valeur des histoires à succès de professionnels de la diversité », explique le directeur général, Marc-André Lépine. Lui aussi croit que les mentalités tendent à changer.

Je travaille dans le domaine de la construction. Il y a de plus en plus de femmes qui occupent des postes de chargée de projets. Ça amène une autre dynamique, une approche qui est moins axée sur la confrontation.

Marc-André Lépine, DG de Génium360

À l’OIQ, l’approche appliquée depuis le printemps 2018 dans l’évaluation des demandes d’équivalence de diplôme et de formation pour les professionnels issus de l’immigration a entraîné une diminution moyenne de 66 % du délai pour obtenir une équivalence totale, passant de 18 à 8 mois en moyenne. Malgré tout, des ingénieurs nouvellement arrivés au pays font toujours face à des obstacles pour se trouver un emploi dans le secteur, malgré leurs compétences.

Le problème serait-il alors lié à un manque de contacts ou de détermination ? « Les personnes issues des différentes communautés culturelles sont généralement plus engagées dans les activités reliées au domaine du génie et dans les concours entrepreneuriaux, explique M. Lépine. On aurait tout à gagner d’avoir plus de gens de la diversité au sein d’entreprises, car ces personnes sont vraiment proactives et engagées. »