Les bonnes idées pour lancer une entreprise ne manquent pas dans les écoles et facultés de génie. Si bien que de plus en plus, elles offrent de l’accompagnement pour leurs étudiants motivés à se lancer en affaires.

Martine Letarte Martine Letarte
Collaboration spéciale

Ferreol, des skis alpins en bois du Bas-Saint-Laurent fabriqués à Rimouski, mais conçus à Québec en fonction des conditions météorologiques et géographiques de la province : c’est l’entreprise qu’a lancée Jonathan Audet et deux camarades de classe du baccalauréat en génie mécanique de l’Université Laval.

« Le design des skis est souvent pensé pour les Alpes ou les Rocheuses, mais au Québec, les montagnes sont plus petites, moins abruptes, les sous-bois sont serrés, la neige est souvent mouillée, alors nous avons conçu des skis agiles et polyvalents adaptés à ces conditions », explique-t-il.

Pour tester le marché l’an dernier, Ferreol a produit une trentaine de paires de skis qui se sont écoulées en un mois. Cette année, l’entreprise a produit une centaine de paires qui se sont aussi vendues rapidement. Elle vient tout juste de recevoir une nouvelle commande fraîchement sortie de l’usine. Ferreol offre déjà deux modèles et arrivera avec un troisième l’an prochain. L’entreprise réalise aussi beaucoup de recherche et développement, notamment pour utiliser de la fibre de lin pratiquement carboneutre.

PHOTO FOURNIE PAR FERREOL

Jonathan Audet, qui a cofondé Ferreol, est convaincu que le projet d’entreprise n’aurait jamais pu avancer aussi rapidement sans le soutien de son université.

Jonathan Audet est convaincu que le projet d’entreprise n’aurait jamais pu avancer aussi rapidement sans le soutien de son université. Les jeunes entrepreneurs ont eu l’aide d’Entrepreneuriat Laval et d’EGGENIUS, réservé aux étudiants de la faculté des sciences et de génie. Ce service de soutien en entrepreneuriat leur donne accès à plusieurs ressources, que ce soit dans le domaine de la gestion d’une entreprise ou de la propriété intellectuelle.

« Peu importe notre question, nous pouvons toujours trouver la réponse gratuitement dans l’écosystème entrepreneurial et EGGENIUS nous a donné aussi deux bourses en deux ans de 5000 et 15 000 $ », raconte Jonathan Audet, qui terminera son baccalauréat en avril. Il se lancera ensuite dans une maîtrise qui portera sur un projet d’intérêt pour son entreprise et lui permettra de continuer à bénéficier du soutien de l’Université Laval.

Parcours thématiques

À Polytechnique Montréal, le parcours trajet-m a été lancé l’an dernier pour soutenir l’entrepreneuriat en mobilité durable dans l’ensemble de la population. « On met les forces de Polytechnique, soit ses expertises de recherche, ses partenaires industriels et ses laboratoires, au bénéfice des entrepreneurs », affirme Cléo Ascher, responsable du bureau de soutien à l’entrepreneuriat de Polytechnique Montréal.

L’étudiant Bassem Ghaly participe à trajet-m. Son entreprise, XPedals, produit une technologie contre le vol du vélo. Intégrée au cadre, elle permet de bloquer la rotation des pédales et d’empêcher leur désinstallation.

« Avec son coaching personnalisé, trajet-m m’a aidé à bâtir ma stratégie, à déposer un brevet international et à faire mon plan d’action », affirme l’entrepreneur qui prendra contact sous peu avec des fabricants de vélos pour commercialiser son produit.

Nous agissons aux premiers stades de développement d’un projet d’entreprise, de l’idée jusqu’aux premières vente. Des accélérateurs pourront ensuite prendre le relais pour la commercialisation et la croissance.

Cléo Ascher, responsable du bureau de soutien à l’entrepreneuriat de Polytechnique Montréal

Polytechnique Montréal lancera prochainement deux parcours entrepreneuriaux pour tous : l’un en technologies propres, qui inclura la mobilité durable, et l’autre en cybersécurité.

L’école a aussi créé récemment des parcours généralistes en entrepreneuriat réservés à ses étudiants. GeniD se déroule pendant l’année scolaire alors que ValiD se réalise intensivement l’été.

Polytechnique a pris ce virage après qu’un sondage a révélé que 80 % de ses étudiants envisageaient un jour de lancer leur entreprise.