L’importance de travailler en équipe, un esprit cartésien et une prise de risques limitée sont autant d’éléments propres aux ingénieurs qui influencent Hélène Brisebois dans sa façon de diriger la firme de génie-conseil SDK depuis 30 ans.

Samuel Larochelle Samuel Larochelle
Collaboration spéciale

Le génie et les affaires semblent aller de pair pour l’entrepreneure. Après seulement deux ans de pratique, elle s’est inscrite au MBA dans l’espoir de devenir patronne. Pourtant, les femmes en position de pouvoir dans le milieu du génie à la fin des années 1980 étaient rares. « J’ai un parcours qui ressemble à celui d’un gars à l’époque : des études en génie, un premier boulot dans un bureau d’ingénieurs, un rôle d’associée. C’est ça que je voulais, alors j’ai fait en sorte de l’avoir. Je ne craignais pas du tout que ce soit impossible parce que je suis une femme. »

Associée principale depuis 1989, Mme Brisebois a constaté l’importance capitale d’un élément de son parcours scolaire dans sa façon de travailler et de diriger : la collaboration. « Très peu d’étudiants en génie réussissent à passer au travers de cette formation en solitaire », dit-elle.

Le groupe d’amis avec lequel on étudie les soirs et les fins de semaine influence notre réussite. Dès notre arrivée sur le marché du travail, on sait que la réussite de nos projets ou d’une entreprise passe par la cohésion de l’équipe et l’entraide.

Hélène Brisebois, présidente de SDK

Elle n’hésite pas à dire que sa formation est à la base de son succès dans les affaires. « En génie, on transpose nos connaissances pour résoudre des problèmes et innover. C’est similaire en entreprise : il faut utiliser nos acquis et s’en servir pour ouvrir de nouvelles portes et développer de nouveaux produits ou des bâtiments. »

Cartésien ou artiste ?

Les ingénieurs sont-ils tous portés à penser hors du cadre ? Pas tout à fait. « Certains ingénieurs appliquent les choses à la lettre et ils ont plus de difficulté à sortir de leurs théories, mais d’autres arrivent à penser en dehors de la boîte, en puisant dans ce qui s’est fait pour aller plus loin. »

Lorsque vient le temps de lancer ou de diriger une entreprise, l’esprit rationnel des professionnels du génie peut toutefois s’avérer une grande force. « Le côté cartésien fait partie de l’ADN des ingénieurs et il me sert énormément comme patronne. »

Leur principal atout : un malaise avec les très grands risques. « On prend toujours en compte les plus et les moins quand on fait des choix. C’est rare qu’on prenne une décision émotive comme certains entrepreneurs qui pourraient se lancer dans un projet un peu fou. »

Cela dit, la présidente de SDK est d’avis que la plupart des ingénieurs qui connaissent du succès à la tête d’une entreprise possèdent un côté artistique et social plus développé que la moyenne de leurs collègues. « Dans le milieu des affaires, on est un peu en dehors de l’image de l’ingénieur cartésien. De mon côté, je suis une personne très humaine. Les gens sont très importants pour moi, et ça m’a permis de développer des relations très précieuses en affaires. »