Pierre-Yves Lajoie entame tout juste un doctorat en robotique à Polytechnique, mais il collabore déjà avec les agences spatiales canadienne et européenne. Son mandat : développer des essaims de robots qui communiqueront entre eux durant leurs futures explorations des cavernes sur la Lune et sur Mars.

Samuel Larochelle Samuel Larochelle
Collaboration spéciale

Le Québécois a été sélectionné parmi 200 universitaires de neuf pays afin de prendre part à IGLUNA. Le projet, supervisé par le Swiss Space Center, s’affaire à développer de nouvelles technologies spatiales.

M. Lajoie se concentre précisément sur la conception de robots qui pourront cartographier les cavernes sur d’autres planètes. « On utilise des caméras ou des lasers pour créer une carte tridimensionnelle, afin que les robots se positionnent, explorent et interagissent avec les objets », explique l’étudiant de 27 ans.

Il travaille également pour que les robots communiquent entre eux. « À titre de comparaison, si un groupe d’amis se dirigent dans un immeuble, leur premier réflexe sera de se disperser et d’explorer chacun de leur côté, avant de se retrouver et de partager les informations, pour construire une carte de l’environnement et éventuellement trouver l’endroit recherché. »

Le défi est de taille dans une caverne lunaire, alors que les technologies traditionnelles de type GPS cessent de fonctionner dans un simple bâtiment terrien. « Dès que tu arrives à l’intérieur d’une grotte sur la Lune ou sur Mars, tu n’as pas accès à un GPS, alors la conception d’une carte de l’environnement devient essentielle. »

Vingt ans de passion pour le génie

Le jeune homme originaire du Lac-Saint-Jean en a fait du chemin depuis la naissance de son intérêt pour le génie. « Quand j’étais petit, je voulais devenir inventeur. Dès le secondaire, j’ai commencé à regarder comment le devenir, et le génie s’est imposé. »

Parmi les spécialités offertes, le génie informatique s’est imposé au baccalauréat en 2013. « Ça faisait longtemps que j’étais intéressé par les nouvelles possibilités offertes par l’internet et la robotique. »

Il apprécie spécialement le côté créatif et immédiat de son milieu.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

Pierre-Yves Lajoie

Le processus de développement est souvent plus court que dans d’autres domaines. On le voit dans notre vie de tous les jours : les nouvelles technologies déboulent. C’est motivant et challengeant ! Il faut suivre le rythme !

Pierre-Yves Lajoie, étudiant au doctorat en robotique à Polytechnique

Tombé amoureux de la robotique durant ses études, il a entrepris une maîtrise à Poly, en s’offrant un détour de sept mois au prestigieux Massachusetts Institute of Technology (MIT). « Mon professeur, Giovanni Beltrame, voyait mon potentiel et mon intérêt pour ses recherches, alors il m’a mis en contact avec le MIT. J’y ai appris énormément, en plus de développer un précieux réseau de contacts. »

Son expérience américaine a aussi généré deux publications, dont une qui lui a valu le prix de Chercheur étoile, remis par le Fonds québécois sur la nature et les technologies.

Au doctorat à Poly depuis septembre 2020, il travaille sur les robots explorateurs qui, l’espère-t-il, seront utiles tant sur la Lune que sur Terre. « On veut aussi que ça fonctionne pour les gens dans leur maison. » Une fois diplômé, il imagine devenir professeur ou chercheur en milieu scolaire. « Je rêve aussi de partir mon entreprise en innovation robotique, un jour. »