Ils ont respectivement 19 et 25 ans. Et ils vont bientôt contribuer pour la première fois de leur vie à un régime enregistré d’épargne-retraite (REER). Julien Lacasse et Annabelle Grégoire-Fillion ont accepté de se confier à La Presse sur ce qui les motive à économiser dès maintenant pour leurs vieux jours.

Stéphane Champagne Stéphane Champagne
Collaboration spéciale

Cette décision n’est pas le fruit du hasard, reconnaissent-ils d’emblée. C’est avant tout parce que leur employeur leur offre la possibilité de participer à un régime volontaire d’épargne-retraite qu’ils ont choisi de contribuer à un REER.

En obtenant récemment sa permanence dans un organisme paramunicipal de la Montérégie pour lequel elle travaille, Annabelle Grégoire-Fillion devenait admissible à un programme d’épargne-retraite. Son employeur s’engage à verser 5 % du salaire de la jeune femme dans un REER, si elle en fait de même. Résultat : elle mettra annuellement la coquette somme de 4000 $ (ou 10 % de son salaire) dans ce véhicule de placement.

Elle y contribuera davantage, car elle a le droit de verser jusqu’à 18 % de son salaire. Elle versera donc 50 $ de plus par semaine dans son REER. Et elle pourrait en ajouter encore par l’entremise de ses cotisations inutilisées. D’où l’importance de remplir une déclaration de revenus dès qu’on commence à travailler, même à partir de 13 ans, soit l’âge minimal pour travailler hors des heures de l’école. Les cotisations inutilisées s’accumulent ainsi.

Fraîchement promue dans ses nouvelles fonctions, celle qui travaille en logistique a illico pris rendez-vous avec sa conseillère financière.

Elle [sa conseillère financière] a fait mon profil et m’a demandé quels étaient mes projets pour les prochaines années. J’ai compris que je pouvais ‟raper” si je désirais m’acheter une maison. Sinon, j’ai compris que je ne pouvais pas toucher à cet argent avant ma retraite, mais que j’allais recevoir des remboursements d’impôt tous les ans où je vais contribuer à mon REER.

Annabelle Grégoire-Fillion

Plutôt fourmi que cigale, la jeune femme entend investir ces remboursements dans un compte d’épargne libre d’impôt (CELI).

Prudente, Mme Grégoire-Fillion a étonnamment choisi de mettre ses billes dans un fonds d’investissement à haut risque. « Je sais que je n’aurai pas besoin de cet argent avant plusieurs années. Et je sais qu’à long terme, je vais faire de l’argent. Je réviserai ma stratégie dans 10 ans », philosophe-t-elle.

Un REER et des actions

Julien Lacasse, 19 ans, compte également contribuer à un REER pour la première fois de sa vie. Sa décision est presque prise, dit-il. Lui aussi se voit offrir par son employeur (un concepteur de progiciels de gestion intégrée, où le jeune homme travaille à temps partiel) la possibilité de cotiser à un régime collectif d’épargne-retraite.

Élève de deuxième année au cégep, en technique de gestion de commerce, le résidant de Shefford aimerait un jour travailler en planification financière. S’intéresser aux REER trouve donc tout son sens, croit-il. Il a par ailleurs été initié à la Bourse à l’âge de 15 ans. Il gère désormais son propre portefeuille d’actions. Avec ses hauts et ses bas.

L’idée qu’il puisse investir son REER à la Bourse lui plaît beaucoup et fera visiblement pencher la balance dans sa décision. Le miracle des « intérêts composés » également. Mais tout d’abord, il doit faire ses devoirs, reconnaît-il.

Il faut que je rencontre une planificatrice financière très bientôt afin de mieux comprendre dans quoi je m’embarque. J’aimerais commencer avec 1000 $ cette année. Et après ça, je vais y aller avec des versements mensuels.

Julien Lacasse

La pandémie de COVID-19 a influé sur la décision du jeune élève-investisseur. « Ça m’a permis de comprendre bien de choses, dit-il. J’ai atteint une certaine maturité. Avec la pandémie, je dépense moins pour les voyages ou pour les vêtements. Je suis plus sérieux par rapport à l’argent. »