Alors que les sites miniers sont éloignés des grands centres, les employés ont souvent un horaire par navettage aérien (fly-in/fly out), un défi d’attractivité et de rétention. Quel est le profil des employés du secteur des mines ? Retrouve-t-on une bonne proportion de femmes et d’autochtones ? Gagnent-ils vraiment de très bons salaires ? Survol.

Martine Letarte Martine Letarte
Collaboration spéciale

103 930

C’est le nombre d’emplois liés de près à l’industrie minière au Québec. On arrive à cette somme lorsqu’on inclut l’extraction minière et l’exploitation en carrière (15 440 emplois), les activités de soutien à l’extraction minière (2875 emplois) et, plus largement, la fabrication de produits minéraux non métalliques (14 220 emplois), la première transformation des métaux (23 460 emplois) et la fabrication de produits métalliques (47 935 emplois).

11,5 %

C’est la proportion de femmes dans les domaines de l’extraction minière et de ses activités de soutien, malgré des efforts déployés par les acteurs du secteur minier pour diversifier le genre au cours des dernières années. L’intégration de technologies dans l’industrie pourrait toutefois permettre de rendre certains métiers plus attrayants, notamment pour les femmes. Par contre, ce virage technologique demandera des compétences différentes et plus spécialisées chez les travailleurs et travailleuses. Chez les femmes comme chez les hommes, l’industrie compte surtout des employés âgés de 25 à 55 ans. Il faudra donc les requalifier ainsi qu’aller chercher de nouveaux profils de candidats maîtrisant les nouvelles compétences recherchées.

3 %

C’est la proportion d’employés autochtones dans les domaines de l’extraction minière et de ses activités de soutien, alors qu’ils représentaient 1,2 % du total des employés dans la province en 2019. Pour combler les besoins de l’industrie, l’embauche d’autochtones est une piste de solution, alors qu’ils représentent un bassin important de main-d’œuvre disponible. Leur taux d’emploi était de 63 %, contre près de 76 % pour l’ensemble de la population, en 2017. Le taux de chômage était aussi plus élevé de 2 % dans la population autochtone cette même année. D’ailleurs, 62 % des entreprises de l’industrie considéraient comme élevée ou très élevée la probabilité d’embaucher des autochtones dans l’avenir. Par contre, leur embauche comporte certains défis, notamment en matière de qualification de la main-d’œuvre.

De 34 à 38 $

C’est le salaire horaire médian que peut s’attendre à gagner un employé dans une mine souterraine ou à ciel ouvert, pour des emplois qui exigent pour la plupart un diplôme d’études professionnelles. Le salaire horaire médian des travailleurs dans l’ensemble du Québec est plutôt de 23 $. Chez les techniciens, les professionnels et les cadres de l’industrie minière, la rémunération est annuelle. Selon la profession, leur salaire médian fluctue entre 71 750 $ et 106 300 $ alors qu’il est de 44 200 $ dans l’ensemble du Québec.

Source : Diagnostic sectoriel de l’industrie minière du Québec, Comité sectoriel de main-d’œuvre de l’industrie des mines, avril 2020