Comme plusieurs secteurs d’activité, la crise financière engendrée par la COVID-19 a durement touché le secteur philanthropique partout au pays. Plusieurs organismes font état de baisses considérables de leurs revenus et certains ne pensent pas survivre à l’année 2020. Portrait en quatre chiffres.

Sandra Sirois
Collaboration spéciale

73 %

Selon Imagine Canada, une organisation dont la mission est d’appuyer les organismes sans but lucratif et de bienfaisance canadiens afin qu’ils puissent mieux servir les collectivités au Canada et à l’étranger, 73 % des organismes de bienfaisance rapportent une baisse de dons depuis le début de la pandémie. Toujours selon leur enquête sectorielle publiée au mois de mai dernier, les revenus ont baissé en moyenne de 30,6 % pour plus de la moitié des organismes caritatifs au pays.

194 000

Toujours selon Imagine Canada, ce sont 194 000 emplois dans le secteur des organismes à but non lucratif qui risquent de disparaître d’ici la fin de l’année 2020. Notons que pendant la crise, de nombreux organismes ont paradoxalement enregistré une forte hausse de la demande pour leurs services.

45 %

Pourcentage des dirigeants des organismes caritatifs qui estiment que leur situation financière sera pire dans trois à six mois à cause des effets de la pandémie, selon Imagine Canada. Pire, toujours selon Imagine Canada, un organisme sur cinq ne pense pas pouvoir survivre à la crise. « Comme piste de solution, plusieurs organismes aux causes similaires devront probablement fusionner ou travailler ensemble afin de réduire leurs coûts fixes, explique Daniel H. Lanteigne, président désigné de l’Association des professionnels en philanthropie du Québec. On a déjà vu dans le passé des organismes fusionner par pertinence de le faire, mais dorénavant, on va voir des organismes qui devront s’affilier par nécessité. »

8 %

Seulement 8 % des Canadiens ont affirmé donner davantage depuis le début de la pandémie, selon Imagine Canada. Deux Canadiens sur cinq ont avoué avoir réduit le montant qu’ils donnent aux organismes caritatifs depuis le début de la pandémie. « Selon Statistique Canada, il y a environ 13 millions de personnes qui font du bénévolat au pays, explique Daniel H. Lanteigne. Le plus grand bassin de bénévoles est représenté par les retraités. Mais ce sont aussi les gens les plus à risque face à la COVID-19. Plusieurs organismes de première ligne, comme des banques alimentaires, voient leur financement s’effriter à cause de la crise financière, en plus de perdre de précieux bénévoles qui ne sont plus disponibles. »