Bébé vient de naître, on pense déjà à l’importance de prévoir des fonds pour ses études, mais en même temps, on n’a aucune idée du chemin qu’il prendra. C’est bien normal, mais d’après les experts consultés, ce n’est pas une raison pour ne pas maximiser son régime enregistré d’épargne-études (REEE).

Martine Letarte Martine Letarte
Collaboration spéciale

D’après Statistique Canada, les droits de scolarité moyens payés au pays pour une année d’études au premier cycle universitaire à temps plein en 2018-2019 étaient de 6838 $.

« Nous partons de ce chiffre pour lancer la discussion avec nos clients », indique Steve Mc Cready, planificateur financier pour la Banque Nationale.

Parce que s’il peut y avoir des différences entre les provinces, la facture variera bien sûr énormément aussi en fonction du choix de l’enfant. Partir de son patelin pour s’installer à Montréal afin d’étudier la médecine à l’Université McGill sera bien sûr beaucoup plus onéreux que de rester chez ses parents pour obtenir un diplôme d’études professionnelles.

Mais Steve Mc Cready est d’avis que mieux vaut maximiser son REEE le plus rapidement possible sans trop se poser de questions. « C’est un régime très avantageux qui, souvent, n’est pas optimisé », remarque-t-il.

François Bélanger, conseiller en placement et planificateur financier pour BMO Gestion de patrimoine, est aussi d’avis qu’il faut cotiser sans attendre. « On voit plusieurs parents tarder et se retrouver à l’étape où leurs enfants sont au secondaire, souvent à l’école privée, qui coûte plus de 5000 $ par année, et ça peut devenir un défi d’économiser en plus de ça », remarque-t-il.

Avantageux, peu importe le revenu

La subvention gouvernementale fédérale pour le REEE est de 20 % pour chaque dollar investi, jusqu’à un maximum de 500 $ par année. Le maximum de subvention qu’on peut obtenir au total par enfant est de 7200 $. On y ajoute la subvention provinciale de 10 % pour chaque dollar investi, jusqu’à l’atteinte de 250 $ par année et de 3600 $ au total. Pour aller chercher la subvention maximale par année, il faut donc faire une cotisation de 2500 $ par enfant.

PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE

François Bélanger, conseiller en placement et planificateur financier pour BMO Gestion de patrimoine

« Le REEE est un outil très puissant grâce à ses subventions de 30 %, affirme François Bélanger. On ne peut pas promettre ce rendement dans des placements ! »

La somme accumulée dans un REEE peut donc croître rapidement.

Lorsqu’on commence à la naissance de l’enfant et qu’on investit 2500 $ par année, on peut avoir presque 60 000 $ lorsque l’enfant a 18 ans avec les subventions et un rendement de 3,75 % par année.

Steve Mc Cready

Avoir un faible revenu n’est pas une raison de ne pas ouvrir un REEE. Avec un revenu familial sous les 47 630 $, le bon d’études canadien de 500 $ est versé dans le compte à son ouverture et 100 $ s’ajoutent annuellement jusqu’à ce que l’enfant ait 15 ans.

Qu’arrive-t-il si jamais on n’utilise pas toute la somme dans son REEE ? Bien sûr, il faudra rembourser les subventions obtenues. « Mais il y a beaucoup de flexibilité dans le REEE, indique Steve Mc Cready, et on aura toujours accès à son capital pour réaliser d’autres projets. »