Faire passer un projet entrepreneurial à un autre niveau. C’est la mission de base de tout incubateur qui offre mentorat et formation. Mais comment faire pour intégrer le bon incubateur ? Quatre conseils pratiques.

Sandra Sirois
Collaboration spéciale

Déterminer à quelle phase se trouve son projet

Pour Luis Cisneros, directeur des incubateurs entrePrism et Le parcours entrepreneurial Rémi Marcoux à HEC Montréal, un incubateur est un programme qui vise à aider les entrepreneurs en prédémarrage ou en démarrage. Un incubateur permet à l’entrepreneur de tester son produit, sa technologie innovante ou ses services, afin de bien déterminer les besoins du client cible et de comprendre le marché, tout en étant accompagné par des experts. Il s’agit donc d’un programme qui permet de valider son modèle d’affaires. Aux entrepreneurs qui ont déjà fait cette étape, on proposera plutôt d’intégrer un accélérateur, qui sera responsable de propulser l’entreprise rapidement à l’aide de financement et de clients.

Bien choisir son incubateur

Il existe plusieurs types d’incubateur. Certains se concentrent dans des domaines particuliers, comme le tourisme ou l’intelligence artificielle, mais d’autres sont multisectoriels. Certains incubateurs proposent des services en ligne, d’autres, sur place. Il est possible de s’inscrire à des programmes à temps plein ou à temps partiel. Avant de faire un choix, Luis Cisneros suggère de bien réfléchir à ses besoins et à ce que l’incubateur peut apporter en matière de contacts, de mentorat et de réseau d’accompagnement. entrePrism, par exemple, est un incubateur qui vise à soutenir les entrepreneurs d’origine étrangère ou issus de l’immigration.

Être prêt à prendre le temps nécessaire

Les incubateurs sont là pour aider les gens à développer leur projet, surtout en le testant sur le terrain. Certains entrepreneurs sont pressés de bâtir rapidement une entreprise lucrative, et les incubateurs permettent d’éviter de sauter des étapes cruciales. « Maintenant, la valeur d’une entreprise ne repose plus uniquement sur ses actifs, la technologie ou son image. Aujourd’hui, c’est aussi l’information que vous avez des clients. Si vous testez un programme qui est utilisé gratuitement par 200 000 personnes, vous avez quand même la valeur des informations de ces 200 000 clients-là », explique Luis Cisneros. Donc, toutes les raisons sont bonnes pour prendre son temps afin de « tester » son projet.

Produire un dossier convaincant

Les deux incubateurs sous la direction de Luis Cisneros acceptent seulement 8 % des candidatures qu’ils reçoivent. Alors, présenter un dossier convaincant est primordial pour être choisi. Il faut peaufiner son dossier, avoir déjà testé le projet ou du moins avoir cherché une façon de le faire et s’être renseigné sur la concurrence à l’échelle nationale et internationale. Une équipe soudée composée de talents complémentaires est aussi une plus-value. Dans l’univers numérique d’aujourd’hui, présenter un service innovant ayant un potentiel international est aussi une bonne façon de se démarquer, selon l’expert.