Les choses progressent pour Elysis malgré la pandémie. La coentreprise fondée par Rio Tinto et Alcoa continue de peaufiner son procédé d’électrolyse de l’aluminium devant éliminer totalement les émissions de CO2. Son centre de recherche devrait ouvrir ses portes « dans la deuxième moitié de 2020 ». Mise à jour du projet.

Émilie Laperrière Émilie Laperrière
Collaboration spéciale

Après une pause forcée le 24 mars en raison de la crise de la COVID-19, le chantier a repris à Jonquière. Le centre de recherche d’Elysis s’installera dans l’ancien centre de production des anodes du complexe de Rio Tinto, un projet de 50 millions de dollars.

« On travaille avec les entreprises qui développent des équipements nouveaux pour nous afin qu’elles respectent les échéanciers », précise le PDG d’Elysis, Vincent Christ.

PHOTO ELYSIS

L’entreprise installée à Montréal compte aussi une équipe qui développe les matériaux aux États-Unis et une autre chargée de la conception en France.

Même si la plupart de ses fournisseurs sont au Québec, Elysis doit également jongler avec des partenaires dans des pays durement touchés par la pandémie, comme l’Espagne et la France. Malgré tout, Vincent Christ est sûr de lancer les activités comme prévu cette année. L’entreprise technologique procède actuellement à l’embauche et à la formation des 25 personnes qui feront du centre de recherche leur deuxième maison.

« En parallèle, on a des opérations en cours aux États-Unis, où on a fait la démonstration de notre technologie », ajoute le PDG. L’entreprise installée à Montréal compte en outre une équipe qui développe les matériaux aux États-Unis et une autre chargée de la conception en France, pour un total d’environ 100 employés.

Des liens serrés avec Apple

Apple est impliquée dans Elysis depuis le début. L’entreprise à la pomme a investi 13 millions de dollars dans le projet, en plus de faciliter la collaboration entre Alcoa et Rio Tinto. Elle tient aujourd’hui principalement le rôle d’expert.

Apple offre du soutien technique. On a des rencontres périodiques avec ses représentants où on échange sur les défis auxquels on fait face.

Vincent Christ

C’est également l’entreprise de Cupertino qui a acheté le premier lot d’aluminium commercial fabriqué grâce à la technologie d’Elysis en décembre 2019. « La transaction était une étape bien importante, souligne Vincent Christ. Ça a confirmé que notre procédé fonctionne et qu’il peut produire du métal vendable. Ça a aussi démontré qu’il y a un intérêt pour de l’aluminium sans carbone. »

Des circonstances favorables

La COVID-19 a ralenti les travaux de construction à Jonquière, mais Elysis a néanmoins réussi à limiter les contrecoups de la crise sur ses activités. Elle pourrait même avoir des effets positifs sur la jeune société.

« Avec la pandémie, on voit l’impact sur l’environnement qu’ont les marchés et le transport. Je pense qu’il y aura un engouement pour les produits qui ont une empreinte environnementale réduite, ce qui poussera les fabricants d’aluminium à décarboniser leur production. C’est à ce moment-là qu’Elysis interviendra. »

Elysis en bref

Le nouveau procédé permettra de réduire les coûts d’opération des alumineries en éliminant le carbone, qui doit être remplacé tous les 23 jours, tout en augmentant leur capacité de production. Si toutes les alumineries canadiennes adoptaient la technologie Elysis, on pourrait éliminer l’équivalent de près de 7 millions de tonnes métriques d’émissions de GES.

Source : Elysis